{"id":193,"date":"2018-10-02T18:17:41","date_gmt":"2018-10-02T16:17:41","guid":{"rendered":"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/?p=193"},"modified":"2018-10-02T18:20:32","modified_gmt":"2018-10-02T16:20:32","slug":"surveille%c2%b7e%c2%b7s","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/2018\/10\/02\/surveille%c2%b7e%c2%b7s\/","title":{"rendered":"Surveill\u00e9\u00b7e\u00b7s"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_194\" aria-describedby=\"caption-attachment-194\" style=\"width: 660px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-194 size-full\" src=\"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/18_10_15_LR.jpg\" alt=\"Surveill\u00e9\u00b7e\u00b7s\" width=\"660\" height=\"371\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/18_10_15_LR.jpg 660w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/18_10_15_LR-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-194\" class=\"wp-caption-text\">Teresa Dillon, AMHARC, 2018 &#8211; John Gerrard\u2019s, Farm (Pryor Creek, Oklahoma) 2015 &#8211; Benjamin Gaulon, 2.4Ghz from Surveillance to Broadcast, 2008 &#8211; Jim Ricks, Predator (Carpet Bombing), 2016.<\/figcaption><\/figure>\n<p>L\u2019exposition <i>Surveill\u00e9\u00b7e\u00b7s <\/i>du <a href=\"https:\/\/www.centreculturelirlandais.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Centre Culturel Irlandais<\/a> questionne la surveillance dans ses formes contemporaines au travers des cr\u00e9ations d\u2019une quinzaine d\u2019artistes. Car si l\u2019on pratiquait d\u00e9j\u00e0 l\u2019espionnage dans l\u2019Antiquit\u00e9, les technologies ayant \u00e9merg\u00e9 au XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle ont permis, \u00e0 grande \u00e9chelle, d\u2019automatiser l\u2019observation des individus et des populations.<\/p>\n<p>A l\u2019entr\u00e9e de l\u2019exposition, c\u2019est l\u2019installation <i>AMHARC<\/i> constitu\u00e9e d\u2019un assemblage de cam\u00e9ras de vid\u00e9osurveillance reconstitu\u00e9es en carton par l\u2019artiste <a href=\"http:\/\/www.polarproduce.org\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Teresa Dillon<\/a> qui nous accueille. Comme dans l\u2019espace public, elles surplombent les quelques pics qui d\u2019ordinaire les prot\u00e8gent du vandalisme comme des activistes. A c\u00f4t\u00e9, la projection d\u2019un monochrome bleu comparable aux \u00e9crans sans syst\u00e8mes nous confirme que ces cam\u00e9ras ne nous surveillent aucunement. Bien qu\u2019il y ait fort \u00e0 parier, en ce lieu m\u00ealant l\u2019art et la diplomatie, que d\u2019autres cam\u00e9ras plus discr\u00e8tes s\u2019en chargent. Il est int\u00e9ressant ici de remarquer que, selon les lois en vigueur, les cam\u00e9ras nous surveillant doivent aussi nous \u00eatre signal\u00e9es. Ce qui nous renvoie \u00e0 l\u2019architecture carc\u00e9rale du panoptique que l\u2019on doit au philosophe Jeremy Bentham. Car, dans ce mod\u00e8le de prison dont les premi\u00e8res constructions datent de la fin du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, c\u2019est le sentiment d\u2019\u00eatre surveill\u00e9 qui pr\u00e9domine. Or, ce sentiment, du simple fait des cam\u00e9ras de vid\u00e9osurveillance qui se sont multipli\u00e9es autour de nous aujourd\u2019hui, est n\u00f4tre. Sachant que cette impression d\u2019\u00eatre observ\u00e9.e.s en constance ne peut que s\u2019accro\u00eetre d\u00e8s lors que les dispositifs de surveillance sont dans l\u2019invisible du dessus des territoires que survolent des engins militaires semblables \u00e0 celui que repr\u00e9sente le tapis de <a href=\"http:\/\/www.jimricks.info\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Jim Ricks<\/a>. Intitul\u00e9 <i>Predator (Carpet Bombing)<\/i>, il est \u00e0 l\u2019effigie du plus c\u00e9l\u00e8bre des drones am\u00e9ricains, le <i>Predator<\/i>, et a \u00e9t\u00e9 tiss\u00e9 par une famille afghane qui, possiblement, se savait observ\u00e9e du dessus par un dispositif de l\u2019invisible dont les op\u00e9rateurs sont distants.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Les surveillances les plus insidieuses sont aussi celles que nous acceptons en signant les termes et conditions que nous soumettent les entreprises du digital que Google, apr\u00e8s IBM puis Apple, symbolisent aujourd\u2019hui parfaitement. Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment parce que le g\u00e9ant am\u00e9ricain refuse que l\u2019on documente ses data centres que l\u2019artiste <a href=\"http:\/\/www.johngerrard.net\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">John Gerrard<\/a> a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019en repr\u00e9senter un en trois dimensions. La ferme de serveurs est quelque part en Oklahoma, \u00e0 Pryor Creek<i>,<\/i> alors que sa repr\u00e9sentation tridimensionnelle est ici, dans l\u2019espace de l\u2019exposition. L\u2019esth\u00e9tique du rendu en temps r\u00e9el est celle du jeu vid\u00e9o alors que la temporalit\u00e9 est celle, plus cin\u00e9matographique, d\u2019un traveling infini dans son extr\u00eame lenteur. L\u2019\u00e9tendu de l\u2019infrastructure nous dit la part mat\u00e9rielle que masque le <i>cloud<\/i> o\u00f9 nos donn\u00e9es sont corv\u00e9ables \u00e0 merci en cette \u00e9poque d\u2019une nouvelle ru\u00e9e vers la data. A l\u2019image, hormis le mouvement sans d\u00e9but ni fin d\u2019une unique cam\u00e9ra, il ne se passe rien. Car rien ne doit filtrer de l\u2019extr\u00eame activit\u00e9 int\u00e9rieure de ces b\u00e2timents sans fen\u00eatre aucune. Si tant est que m\u00eame la lumi\u00e8re du jour ne peut y acc\u00e9der.<\/p>\n<p>Mais la surveillance est aussi l\u2019affaire des amateurs sans technicit\u00e9 qui, pourtant, s\u00e9curisent leurs commerces ou appartements avec des cam\u00e9ras grand public. Sans omettre les appareils vid\u00e9o permettant aux parents de surveiller leurs enfants sommeillant dans une autre pi\u00e8ce. Certains artistes, comme <a href=\"http:\/\/www.recyclism.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Benjamin Gaulon<\/a> avec <i>2.4Ghz from Surveillance to Broadcast<\/i>, se jouent de leur amateurisme en interceptant depuis la rue les signaux qu\u2019\u00e9mettent de tels dispositifs. Les notices techniques sont faites pour \u00eatre lues et l\u2019artiste n\u2019enfreint aucune loi lorsqu\u2019il pratique la surveillance dans l\u2019espace public. Et c\u2019est dans l\u2019exposition que nous consid\u00e9rons une fois encore qu\u2019il est des donn\u00e9es personnelles que, peut-\u00eatre nous ne souhaitons pas diffuser. M\u00eame si nous n\u2019avons rien \u00e0 cacher. Peu importe que nous en ayons connaissance ou pas et que nous participions volontairement ou non aux surveillances qui s\u2019organisent et se d\u00e9veloppent, il est immanquablement des pans entiers de nos vies que nous souhaitons prot\u00e9ger de tous les regards, ceux des Etats ou des militaires comme ceux des entreprises ou des amateurs \u00e9clair\u00e9s.<\/p>\n<pre><i>R\u00e9dig\u00e9 par Dominique Moulon pour <a href=\"https:\/\/www.artpress.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Art Press<\/a>\r\n<\/i><\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019exposition Surveill\u00e9\u00b7e\u00b7s du Centre Culturel Irlandais questionne la surveillance dans ses formes contemporaines au travers des cr\u00e9ations d\u2019une quinzaine d\u2019artistes. 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