{"id":206,"date":"2018-12-27T13:03:05","date_gmt":"2018-12-27T12:03:05","guid":{"rendered":"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/?p=206"},"modified":"2018-12-27T13:03:05","modified_gmt":"2018-12-27T12:03:05","slug":"du-chef-doeuvre-et-du-code-%ef%bb%bf","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/2018\/12\/27\/du-chef-doeuvre-et-du-code-%ef%bb%bf\/","title":{"rendered":"Du chef-d\u2019\u0153uvre et du code \ufeff"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Au <a href=\"https:\/\/zkm.de\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"ZKM (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">ZKM<\/a> de Karlsruhe, deux expositions\u00a0interrogent le r\u00f4le des technologies et m\u00e9dias dans l\u2019art. Si la premi\u00e8re,\u00a0<em>Art in Motion<\/em>, est r\u00e9solument historique, la seconde\u00a0<em>Open Codes 2<\/em>, continue dans sa deuxi\u00e8me version de consid\u00e9rer l\u2019emprise du num\u00e9rique sur nos soci\u00e9t\u00e9s contemporaines.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"440\" src=\"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/18_12_27aLR.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-208\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/18_12_27aLR.jpg 660w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/18_12_27aLR-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><figcaption>Claude Elwood Shannon,\u00a0<em>Ultimate Machine<\/em>, 2018 (r\u00e9plique).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>L\u2019exposition&nbsp;<em>Art in Motion. 100 Masterpieces with and through Media<\/em>rassemble une centaine d\u2019\u0153uvres, d\u2019instruments et d\u2019appareils entre autres curiosit\u00e9s technologiques comme cette r\u00e9plique de l\u2019<em>Ultimate Machine&nbsp;<\/em>con\u00e7ue par le th\u00e9oricien de l\u2019information Claude Shannon au d\u00e9but des ann\u00e9es 1950. Pos\u00e9e sur un socle, celle-ci est montr\u00e9e telle une sculpture. Pr\u00e9sentant un interrupteur \u201con\/off\u201d sur sa face sup\u00e9rieure, elle ne \u201csait\u201d que se d\u00e9sactiver m\u00e9caniquement quand elle a \u00e9t\u00e9 activ\u00e9e par un humain. Dans son extr\u00eame simplicit\u00e9, elle a pourtant inspir\u00e9 bien des scientifiques, comme Marvin Minsky dont on sait l\u2019importance des travaux sur l\u2019intelligence artificielle, ainsi que des auteurs de science-fiction comme Arthur C. Clarke consid\u00e9rant le \u201csinistre\u201d de cette \u00ab&nbsp;<em>machine qui ne fait rien &#8211; absolument rien &#8211; except\u00e9 s&rsquo;\u00e9teindre elle-m\u00eame<\/em>&nbsp;\u00bb. Cette machine ultime qui, par son inutilit\u00e9 absolue nous questionne, a sa place aujourd\u2019hui plus que jamais parmi les objets connect\u00e9s dont les entreprises du digital nous vantent l\u2019autonomie au point que, bien souvent, elles finissent d\u00e9connect\u00e9es au fin fond de nos tiroirs.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"440\" src=\"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/18_12_27bLR.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-209\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/18_12_27bLR.jpg 660w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/18_12_27bLR-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><figcaption>Nam June Paik,\u00a0<em>Zen for Film (Fluxfilm n\u00b01)<\/em>, 1964.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>L\u2019installation filmique de&nbsp;Nam June Paik est aussi des plus radicale puisque l\u2019on ne voit que le rectangle aux bords arrondis d\u2019un gris clair aux infinies variations. La bobine de 16 mm de&nbsp;<em>Zen for Film (Fluxfilm n\u00b01)&nbsp;<\/em>datant de 1964 a simplement \u00e9t\u00e9 sortie de sa bo\u00eete pour \u00eatre projet\u00e9e, encore et encore au gr\u00e9 de ses monstrations. La r\u00e9f\u00e9rence aux 4\u201933&Prime; de silence de John Cage est \u00e9vidente. De leur c\u00f4t\u00e9, les amateurs de peintures monochromes y verront davantage une \u00e9vocation par l\u2019image en mouvement de la non moins c\u00e9l\u00e8bre toile du&nbsp;<em>Carr\u00e9 blanc sur fond Blanc<\/em>de Kasimir Malevitch. Mais que voit-on r\u00e9ellement \u00e0 la surface de ce film d\u00e9nu\u00e9 d\u2019images&nbsp;? Des rayures de ses projections ant\u00e9rieures qui, associ\u00e9es aux poussi\u00e8res de l\u2019environnement de sa pr\u00e9sentation, animent cet aplat de lumi\u00e8re pure. Les seuls sons m\u00e9caniques du projecteur 16 mm n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019installation font que cette \u0153uvre n\u2019est en rien silencieuse. Sans omettre les spectatrices et spectateurs qui entrent et sortent de l\u2019image, comme pour l\u2019habiter de quelques silhouettes fantomatiques.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"440\" src=\"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/18_12_27cLR.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-210\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/18_12_27cLR.jpg 660w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/18_12_27cLR-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><figcaption>Lynn Hershman Leeson,\u00a0<em>Camerawoman (Phantom Limb)<\/em>, 1986.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Parmi la centaine de chefs-d\u2019\u0153uvre que les curateurs Peter Weibel et Siegfried Zielinski ont rassembl\u00e9s, se trouvent quelques tirages de l\u2019artiste <a href=\"http:\/\/www.lynnhershman.com\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Lynn Hershman Leeson (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Lynn Hershman Leeson<\/a> dont\u00a0<em>Camerawoman<\/em>. Celui-ci est int\u00e9ressant \u00e0 de multiples \u00e9gards. D\u2019abord par sa date, 1986, \u00e9poque o\u00f9 il \u00e9tait davantage question de la figure du cameraman sur des plateaux de tournage. Et, face \u00e0 cette femme \u00e0 t\u00eate de cam\u00e9ra, comment ne pas avoir une pens\u00e9e pour Donna Haraway qui aurait tant pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00eatre un cyborg, sans genre pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9, plut\u00f4t qu\u2019une d\u00e9esse au genre bien d\u00e9termin\u00e9. Quant au titre de la s\u00e9rie,\u00a0<em>Phantom Limb<\/em>, il renvoie \u00e0 ces membres fant\u00f4mes qui, selon celles ou ceux qui ont \u00e9t\u00e9 amput\u00e9s, continuent de se \u201cmanifester\u201d. Comme si Lynn Hershman avait anticip\u00e9 cet objet qui nous augmente si parfaitement aujourd\u2019hui, le\u00a0<em>smartphone<\/em>. Cet esp\u00e8ce d\u2019implant ext\u00e9rieur au corps, connect\u00e9 au reste du monde, et avec lequel nous documentons nos vies par l\u2019image. Il nous manque d\u00e9j\u00e0 lorsqu\u2019il n\u2019est qu\u2019\u00e0 quelques m\u00e8tres de nous, sans parler de notre profond d\u00e9sarroi lorsqu\u2019il affiche \u201cbatterie faible\u201d\u00a0?<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"440\" src=\"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/18_12_27dLR.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-211\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/18_12_27dLR.jpg 660w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/18_12_27dLR-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><figcaption>James Bridle, <em>Autonomous Trap 001<\/em>, 2017 (photogramme).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Le ZKM accueille aussi la version deux de\u00a0<em>Open Codes<\/em><strong>,\u00a0<\/strong>une exposition qui\u00a0documente nos rapports aux technologies \u00e9mergentes \u00e0 l\u2019image du tirage de la s\u00e9rie\u00a0<em>Autonomous Trap 001\u00a0<\/em>de <a href=\"https:\/\/jamesbridle.com\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"James Bridle (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">James Bridle<\/a>. On y d\u00e9couvre une voiture autonome que l\u2019intelligence artificielle a pi\u00e9g\u00e9e. A moins que ce ne soit l\u2019artiste lui-m\u00eame qui ait dress\u00e9 un pi\u00e8ge en dessinant \u00e0 m\u00eame la chauss\u00e9e un cercle dont les limites interdisent tout franchissement pour qui respecte le code de la route. Notons que, pour se faire, James Bridle a utilis\u00e9 du sel, ce qui n\u2019est pas neutre si l\u2019on consid\u00e8re l\u2019aspect sacr\u00e9 du condiment dans bien des cultures. A commencer par les combattants qui, en sum\u00f4, le d\u00e9versent au sol par poign\u00e9es en signe de purification. Mais revenons au v\u00e9hicule autonome qui, faute d\u2019enfreindre les r\u00e8gles, reste prisonnier sur une aire de repos. Quand le Mont Parnasse est tout pr\u00e8s, en ce paysage que n\u2019importe quel humain d\u00e9sirerait explorer. La d\u00e9cision, en ce qui concerne l\u2019intelligence artificielle, allant bien au-del\u00e0 du code ou des algorithmes puisqu\u2019elle convoque tant le juridique que l\u2019\u00e9thique, et bien plus encore.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\"><em>R\u00e9dig\u00e9 par Dominique Moulon pour <a href=\"https:\/\/www.tk-21.com\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">TK-21<\/a><\/em><\/pre>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au ZKM de Karlsruhe, deux expositions\u00a0interrogent le r\u00f4le des technologies et m\u00e9dias dans l\u2019art. Si la premi\u00e8re,\u00a0Art in Motion, est r\u00e9solument historique, la seconde\u00a0Open Codes 2, continue dans sa deuxi\u00e8me version de consid\u00e9rer l\u2019emprise du num\u00e9rique sur nos soci\u00e9t\u00e9s contemporaines. 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