{"id":248,"date":"2019-04-13T07:49:25","date_gmt":"2019-04-13T05:49:25","guid":{"rendered":"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/?p=248"},"modified":"2019-04-13T07:50:40","modified_gmt":"2019-04-13T05:50:40","slug":"turbulences-et-speculations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/2019\/04\/13\/turbulences-et-speculations\/","title":{"rendered":"Turbulences et sp\u00e9culations"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Le <a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Mirage Festival (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/www.miragefestival.com \" target=\"_blank\">Mirage Festival<\/a> de Lyon, artistiquement dirig\u00e9 par Jean-Emmanuel Rosnet, compte parmi ces \u00e9v\u00e9nements consacr\u00e9s aux questionnements que suscitent les cultures num\u00e9riques. O\u00f9 l\u2019on d\u00e9couvre, par cons\u00e9quent, des \u0153uvres s\u2019articulant, notamment, autour de la notion d\u2019intelligence artificielle.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"440\" src=\"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19_04_13aLR.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-250\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19_04_13aLR.jpg 660w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19_04_13aLR-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><figcaption>Vincent Ciciliato,\u00a0<em>Discursive Immanence<\/em>, 2017.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Un portrait nous observe au sein de l\u2019exposition\u00a0<em>Turbulences<\/em>se tenant aux Subsistances de Lyon. Et nous sommes invit\u00e9s \u00e0 converser avec ce portrait en buste cr\u00e9\u00e9 par <a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Vincent Ciciliato (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/www.vincentciciliato.net\" target=\"_blank\">Vincent Ciciliato<\/a>. Un d\u00e9tail, dans l\u2019image de cette installation vid\u00e9o interactive intitul\u00e9e\u00a0<em>Discursive Immanence<\/em>, attire irr\u00e9m\u00e9diablement notre regard\u00a0: le bras droit du personnage est coup\u00e9, pourtant sa main continue \u00e0 \u00e9crire. Mais l\u00e0 n\u2019est pas la seule \u00e9tranget\u00e9 puisqu\u2019il nous appara\u00eet que plusieurs visages se succ\u00e8dent sur ce corps. Quand la voix qui s\u2019adresse \u00e0 nous passe d\u2019un genre \u00e0 l\u2019autre. Cet \u201cautre\u201d n\u2019ayant d\u2019humanit\u00e9 que l\u2019apparence ne serait en fait que l\u2019habillage graphique d\u2019un appareil relationnel. Et force est de reconna\u00eetre que sa part d\u2019humanit\u00e9 incite au dialogue. L\u2019exp\u00e9rience, au-del\u00e0 de la singularit\u00e9 des \u00e9changes, soul\u00e8ve une question\u00a0: \u00e0 qui s\u2019adresse-t-on lorsqu\u2019on converse avec un agent con\u00e7u \u00e0 cet effet\u00a0? L\u2019id\u00e9e que ce soit \u00e0 une machine \u2013 \u201ctout simplement\u201d car nous en prenons l\u2019habitude \u2013 nous appara\u00eet aujourd\u2019hui quelque peu r\u00e9ductrice si l\u2019on consid\u00e8re celles et ceux qui en ont programm\u00e9 les possibles questions ou r\u00e9ponses. La v\u00e9ritable question, serait plut\u00f4t de savoir qui programme ce genre d\u2019agent conversationnel et, surtout, \u00e0 quel fin. Quand l\u2019apparence des objets que l\u2019on nous dit \u201cintelligents\u201d s\u2019av\u00e8re \u00eatre un enjeu essentiel au sein des laboratoires de recherche et d\u00e9veloppement des grandes entreprises commerciales du digital.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"440\" src=\"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19_04_13bLR.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-251\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19_04_13bLR.jpg 660w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19_04_13bLR-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><figcaption>Rocio Berenguer,\u00a0<em>IAgotchi<\/em>,2018.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/pulsopulso.com\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Rocio Berenguer (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Rocio Berenguer<\/a>, \u00e0 l\u2019inverse, a choisi de nous pr\u00e9senter les entrailles d\u2019une machine dont on saisit, cependant, un m\u00eame d\u00e9sir d\u2019\u00e9changer. Elle se nomme\u00a0<em>IAgotchi<\/em> en r\u00e9f\u00e9rence tant \u00e0 l\u2019Intelligence Artificielle qu\u2019au tamagotchi des ann\u00e9es quatre-vingt-dix avec lesquels nombre d\u2019entre nous se sont confront\u00e9s \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019une vie qui serait tout aussi artificielle. Quand il convient, pour se connecter \u00e0 elle, de saisir un organe externe aux allures de c\u0153ur artificiel. Il faut par cons\u00e9quent \u00eatre reli\u00e9 \u201cphysiquement\u201d pour communiquer par la voix. Ce qui est saisissant, au cours de l\u2019exp\u00e9rience, c\u2019est l\u2019IA de l\u2019\u0153uvre qui, parfois, s\u2019interrompt sous pr\u00e9texte d\u2019enrichir la base de ses donn\u00e9es avec nos d\u00e9finitions. Nous sommes ainsi flatt\u00e9s, comme le sont les parents ou enseignants en situation de transmission. Car nous participons \u00e0 constituer ce qui, un jour peut-\u00eatre, pourrait raisonner d\u2019une mani\u00e8re tout \u00e0 fait autonome. Bien que nous en soyons encore loin aux dires des chercheurs en IA. Mais cette id\u00e9e que nous puissions participer g\u00e9n\u00e9reusement \u00e0 enrichir une application nous renvoie \u00e0 ce que l\u2019on nomme aujourd\u2019hui le\u00a0<em>machine learning<\/em>. C\u2019est-\u00e0-dire l\u2019intelligence artificielle \u00e0 l\u2019\u00e8re de son interconnexion avec de grandes quantit\u00e9s de donn\u00e9es dont on ne sait plus bien \u00e0 qui elles appartiennent. Quant il ne viendrait \u00e0 personne l\u2019id\u00e9e de contester la valeur inestimable de ce nouvel or noir.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"440\" src=\"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19_04_13cLR.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-252\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19_04_13cLR.jpg 660w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19_04_13cLR-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><figcaption>Thomas Garnier,\u00a0<em>C\u00e9notaphes<\/em>,2018.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Il y a aussi, au Mirage Festival, un robot dont on ne sait pas bien s\u2019il construit ou d\u00e9construit. Le titre de cette installation aux allures de ruine contemporaine,\u00a0<em>C\u00e9notaphes<\/em>, renvoie notamment \u00e0 ces monuments fun\u00e9raires d\u00e9pourvus de corps, et plus p\u00e9cis\u00e9ment aux dessins d\u2019architectures qu\u2019\u00c9tienne-Louis Boull\u00e9e jamais ne construisit. Il s\u2019av\u00e8re que l\u2019auteur de\u00a0<em>C\u00e9notaphes<\/em>,\u00a0<a href=\"https:\/\/thomasgarnier.com\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Thomas Garnier (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Thomas Garnier<\/a>, a \u00e9tudi\u00e9 l\u2019architecture avant de poursuivre au Fresnoy o\u00f9 l\u2019\u0153uvre a \u00e9t\u00e9 produite. Il l\u2019envisage tel une forme d\u2019hommage \u00e0 ces b\u00e2timents ou quartiers entiers qui restent \u00e0 l\u2019\u00e9tat de constructions inachev\u00e9es. Le simple fait qu\u2019ils n\u2019aient jamais abrit\u00e9 quiconque ou quoi que ce soit, ne serait-ce qu\u2019une id\u00e9e, leur conf\u00e8re un aspect quelque peu sculptural. Quand il n\u2019y a plus que dans l\u2019art que l\u2019inutile soit accept\u00e9, et m\u00eame parfois appr\u00e9ci\u00e9. Ou quand le temps de la ville, celui-l\u00e0 des architectes ou urbanistes, ne s\u2019accorde plus gu\u00e8re avec le rythme effr\u00e9n\u00e9 dict\u00e9 par les usages num\u00e9riques \u00e9mergeants. Car il est, bien au-del\u00e0 des crises \u00e9conomiques ou politiques qui sont \u00e0 l\u2019origine de bien des inach\u00e8vements, des b\u00e2timents qui s\u2019av\u00e8rent obsol\u00e8tes avant m\u00eame leur livraison. Les immeubles de bureaux en construction ne seraient-ils pas tous menac\u00e9s par le t\u00e9l\u00e9travail\u00a0qui pourrait les figer comme autant de sculptures en hommage au temps d\u2019avant\u00a0? Nous avions alors des coll\u00e8gues de bureau avec des t\u00e9l\u00e9phones filaires\u00a0!<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"440\" src=\"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19_04_13dLR.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-253\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19_04_13dLR.jpg 660w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19_04_13dLR-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><figcaption>Dominique Sirois et Baron Lanteigne,\u00a0<em>In Extremis<\/em>,2019.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Toujours au sein des Subsistances, une autre exposition sign\u00e9e par la curatrice qu\u00e9b\u00e9coise Nathalie Bachand sp\u00e9cule sur la possible fin du Web. Un syst\u00e8me qui n\u2019a qu\u2019une trentaine d\u2019ann\u00e9es d\u2019existence et voil\u00e0, alors nous ne pouvons plus nous en passer, qu\u2019on nous en annonce d\u00e9j\u00e0 son hypoth\u00e9tique effondrement. Partant de ce postulat, les artistes <a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Dominique Sirois (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"http:\/\/dominiquesirois.net\" target=\"_blank\">Dominique Sirois<\/a> et <a href=\"http:\/\/baronlanteigne.com\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Baron Lanteigne (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Baron Lanteigne<\/a> se sont associ\u00e9s pour concevoir l\u2019installation\u00a0<em>In Extremis<\/em> o\u00f9 de la c\u00e9ramique, un mat\u00e9riau permettant ordinairement aux arch\u00e9ologues de mieux conna\u00eetre les civilisations anciennes, est associ\u00e9e \u00e0 des \u00e9crans qui commencent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 dysfonctionner. Quand des ossements, dans l\u2019image, semblent se poursuivirent au-del\u00e0 des \u00e9crans et que le temps, ici suspendu, l\u00e0 ne cesse de ralentir. Comme si le processus \u00e9tait enclench\u00e9 et qu\u2019il fallait nous pr\u00e9parer \u00e0 d\u2019autres temporalit\u00e9s. Car c\u2019est peut-\u00eatre sur le temps que le Web n\u2019a cess\u00e9 d\u2019agir de plus en plus durablement. Et ce n\u2019est peut-\u00eatre pas un hasard s\u2019il a \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 au CERN, l\u00e0 o\u00f9 on acc\u00e9l\u00e8re des particules \u00e0 l\u2019extr\u00eame pour mieux comprendre la cr\u00e9ation du monde. Quant \u00e0 son inventeur, Tim Berners-Lee, comment aurait-il pu imaginer la port\u00e9e de son invention\u00a0? Interview\u00e9 r\u00e9cemment \u00e0 ce propos par un journaliste du\u00a0<em>Monde<\/em>, il a confi\u00e9 qu\u2019il \u00ab\u00a0<em>serait idiot de penser que son \u00e9tat actuel est son \u00e9volution ultime. Il n\u2019est pas trop tard pour changer le Web\u00a0<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\"><em>R\u00e9dig\u00e9 par Dominique Moulon pour <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.tk-21.com\" target=\"_blank\">TK-21<\/a><\/em><\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Mirage Festival de Lyon, artistiquement dirig\u00e9 par Jean-Emmanuel Rosnet, compte parmi ces \u00e9v\u00e9nements consacr\u00e9s aux questionnements que suscitent les cultures num\u00e9riques. O\u00f9 l\u2019on d\u00e9couvre, par cons\u00e9quent, des \u0153uvres s\u2019articulant, notamment, autour de la notion d\u2019intelligence artificielle. Un portrait nous observe au sein de l\u2019exposition\u00a0Turbulencesse tenant aux Subsistances de Lyon. 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