{"id":259,"date":"2019-05-06T16:05:42","date_gmt":"2019-05-06T14:05:42","guid":{"rendered":"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/?p=259"},"modified":"2019-05-22T15:48:18","modified_gmt":"2019-05-22T13:48:18","slug":"64e-salon-de-montrouge","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/2019\/05\/06\/64e-salon-de-montrouge\/","title":{"rendered":"64e Salon de Montrouge"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Artistiquement dirig\u00e9 par Ami Barak et Marie Gautier, le 64<sup>e <\/sup><\/strong><strong>Salon de Montrouge permettant de d\u00e9couvrir les travaux de jeunes artistes contemporains&nbsp;s\u2019articule autour de quatre sections&nbsp;respectivement intitul\u00e9es&nbsp;: \u201c<em>Ce que nous sommes ensemble et ce que ne sont pas les autres<\/em>\u201d, \u201c<em>Le laboratoire des contre-pouvoirs<\/em>\u201d, \u201c<em>La forme contenue ou le contenu implique<\/em>\u201d et \u201c<em>La r\u00e9alit\u00e9 rattrap\u00e9e par le r\u00e9el<\/em>\u201d.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"440\" src=\"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/19_05_06aLR.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-260\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/19_05_06aLR.jpg 660w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/19_05_06aLR-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><figcaption>Han Ren,&nbsp;<em>4.000.000.000<\/em>, 2019.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>L\u2019artiste chinois Han Ren, dipl\u00f4m\u00e9 de l\u2019\u00e9cole d\u2019art de la Villa Arson, a commenc\u00e9 par repeindre en noire les cimaises lui \u00e9tant destin\u00e9es avant de s\u2019attaquer \u00e0 leurs surfaces avec des outils ordinairement d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la construction. De pr\u00e8s, on y devine une gestualit\u00e9 ample qui pourrait \u00eatre celle d\u2019une chor\u00e9graphie. A distance, ce sont des crat\u00e8res qui s\u2019offrent \u00e0 nous alors que le titre,&nbsp;<em>4.000.000.000<\/em>, pourrait \u00e9voquer la formation g\u00e9ologique de la lune. Car sa surface a aussi \u00e9t\u00e9 dessin\u00e9e par des collisions successives. Les surfaces des parois du Beffroi et celles du sol lunaire ont en commun d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 \u201cdessin\u00e9es\u201d par le frottement ou la collision d\u2019outils ou de m\u00e9t\u00e9orites. Ni l\u2019une ni l\u2019autre ne sont v\u00e9ritablement lisses, que ce soit du fait de l\u2019action d\u2019un artiste, Han Ren \u00e0 Montrouge, ou selon l\u2019observation du scientifique toscan Galileo Galilei qui au XVII<sup>e<\/sup>si\u00e8cle nous r\u00e9v\u00e9la que les t\u00e2ches brun\u00e2tres de la lune n\u2019\u00e9tait autre que des crat\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"440\" src=\"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/19_05_06bLR.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-261\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/19_05_06bLR.jpg 660w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/19_05_06bLR-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><figcaption>Arthur Hoffner,&nbsp;<em>Monologues 01, Monologue 02 &amp; Conversations<\/em>, 2018.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>En ce 64<sup>e <\/sup><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Salon de Montrouge (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"http:\/\/www.salondemontrouge.com\" target=\"_blank\">Salon de Montrouge,<\/a> cinq prix ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9s dont celui de l\u2019ADAGP revenant \u00e0 Arthur Hoffner pour ses trois sculptures&nbsp;<em>Monologues 01, Monologue 02&nbsp;<\/em>et<em>Conversations<\/em>. La fontaine est une construction que les sculpteurs, du Bernin \u00e0 Olafur Eliasson, n\u2019ont cess\u00e9 d\u2019en faire \u00e9voluer les formes ou mat\u00e9riaux. Celles d\u2019<a href=\"https:\/\/www.arthurhoffner.fr\">Arthur Hoffner<\/a>, dipl\u00f4m\u00e9 de l\u2019ENSI &#8211; Les Ateliers, sont faites de mat\u00e9riaux de construction. Les finitions sont parfaitement ex\u00e9cut\u00e9es, ce qui ne g\u00e2che en rien l\u2019exp\u00e9rience esth\u00e9tique. Mais surtout, elles nous apparaissent telles autant d\u2019\u00e9nigmes. Car leur relatif minimalisme nous interdit d\u2019en comprendre les m\u00e9canismes. Aussi l\u2019on s\u2019en remet \u00e0 la magie induisant la contemplation que le bruit de l\u2019eau facilite. Jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019on per\u00e7oive le possible cynisme d\u2019un jeune artiste ayant d\u00e9j\u00e0 tout compris aux fonctionnements du monde de l\u2019art en s\u2019imaginant ses trois sculptures aux cuivres scintillants dans l\u2019int\u00e9rieur cossu de la villa d\u2019un couple de collectionneurs californiens.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"371\" src=\"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/19_05_06cLR.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-262\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/19_05_06cLR.jpg 660w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/19_05_06cLR-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><figcaption>Ioanna Neophytou,&nbsp;<em>Les spectatrices invisibles<\/em>, 2016.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>La laur\u00e9ate de la premi\u00e8re \u00e9dition Tribew, <a href=\"http:\/\/ioannaneophytou.com\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Ioanna Neophytou (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Ioanna Neophytou<\/a>, est dipl\u00f4m\u00e9e de l\u2019Universit\u00e9 Paris 8 et vit \u00e0 Ath\u00e8nes o\u00f9 elle travaille. Son installation vid\u00e9o est d\u2019une sensibilit\u00e9 absolue, de cette forme de sensibilit\u00e9 ordinairement r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 celles et ceux qui savent \u00e9couter les autres sans se soucier de leur statut. Son installation \u00e0 l\u2019allure d\u2019une \u00e9tude sociologique sur celles qui sont au travail quand nous sommes \u201cen d\u00e9placement\u201d. Il en est m\u00eame pour les ignorer&nbsp;: les femmes de m\u00e9nage. Ce qui serait une erreur car elles savent tout de nous. Nous devrions, \u00e0 ce propos, privil\u00e9gier ici une \u00e9criture inclusive, mais force est de constater qu\u2019il est encore des m\u00e9tiers, de par le monde, o\u00f9 celle-ci n\u2019est gu\u00e8re de rigueur. Qui, dans sa chambre d\u2019h\u00f4tel, entre Venise et B\u00e2le, pense \u00e0 ces \u201c<em>spectatrices invisibles<\/em>\u201d car c\u2019est l\u00e0 le titre de l\u2019\u0153uvre. Quand elles sont susceptibles d\u2019interpr\u00e9ter les moindres de nos faits et gestes, qu\u2019ils soient teint\u00e9s de respect ou non. Elles ont un avis r\u00e9solument motiv\u00e9 sur qui nous sommes ou ne sommes pas.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"371\" src=\"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/19_05_06dLR.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-263\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/19_05_06dLR.jpg 660w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/19_05_06dLR-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><figcaption>Mathilde Supe,&nbsp;<em>You can\u2019t run from love<\/em>, 2019.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Enfin, terminons par l\u2019installation vid\u00e9o qui, litt\u00e9ralement, nous accueille \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de l\u2019espace d\u2019exposition. Con\u00e7ue et r\u00e9alis\u00e9e par <a href=\"http:\/\/www.mathildesupe.com\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Mathilde Supe (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Mathilde Supe<\/a> qui connaissait d\u00e9j\u00e0 l\u2019ambiance des plateaux de cin\u00e9ma avant m\u00eame d\u2019\u00e9tudier l\u2019art \u00e0 l\u2019\u00e9cole de Cergy-Pontoise pour enfin int\u00e9grer l\u2019EHESS, elle s\u2019intitule&nbsp;<em>You can\u2019t run from love<\/em>. Il s\u2019agit donc, on le devine, d\u2019une rencontre amoureuse que l\u2019artiste d\u00e9construit au travers des commentaires d\u2019un second \u00e9cran. A l\u2019image, les codes d\u2019un cin\u00e9ma de divertissement auquel toutes et tous nous succombons, quoi qu\u2019on en dise, sont tr\u00e8s strictement respect\u00e9s car ils sont jeunes, beaux et finissent par s\u2019embrasser. Alors que l\u2019analyse, par le texte, nous invite \u00e0 un visionnage davantage distanci\u00e9. Une tension s\u2019installe alors dans l\u2019espace et le temps qui s\u00e9pare une image que l\u2019on croit conna\u00eetre de la part th\u00e9orique que l\u2019artiste en fait \u00e9merger. Une tension qui serait esth\u00e9tique plus que dramatique.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\"><em>R\u00e9dig\u00e9 par Dominique Moulon pour <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.tk-21.com\" target=\"_blank\">TK-21<\/a><\/em><\/pre>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Artistiquement dirig\u00e9 par Ami Barak et Marie Gautier, le 64e Salon de Montrouge permettant de d\u00e9couvrir les travaux de jeunes artistes contemporains&nbsp;s\u2019articule autour de quatre sections&nbsp;respectivement intitul\u00e9es&nbsp;: \u201cCe que nous sommes ensemble et ce que ne sont pas les autres\u201d, \u201cLe laboratoire des contre-pouvoirs\u201d, \u201cLa forme contenue ou le contenu implique\u201d et \u201cLa r\u00e9alit\u00e9 rattrap\u00e9e &hellip; <a href=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/2019\/05\/06\/64e-salon-de-montrouge\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">64e Salon de Montrouge<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-259","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/259","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=259"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/259\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":276,"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/259\/revisions\/276"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=259"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=259"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=259"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}