{"id":280,"date":"2019-07-01T17:51:46","date_gmt":"2019-07-01T15:51:46","guid":{"rendered":"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/?p=280"},"modified":"2019-07-03T17:04:56","modified_gmt":"2019-07-03T15:04:56","slug":"new-order-au-moma","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/2019\/07\/01\/new-order-au-moma\/","title":{"rendered":"New Order au MoMA"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Avec<em>&nbsp;New Order: Art and Technology in the Twenty-First Century<\/em>, le MoMA questionne le r\u00f4le essentiel des technologies dans l\u2019art d\u2019aujourd\u2019hui. Cette exposition les envisage, fort heureusement, tant en termes d\u2019outils \u2013 plus exactement de m\u00e9dium \u2013 que de sujet.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"495\" src=\"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/19_06_08LRa.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-281\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/19_06_08LRa.jpg 660w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/19_06_08LRa-300x225.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><figcaption>Josh Kline,&nbsp;<em>Skittles<\/em>, 2014.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Le MoMA a toujours fait preuve d\u2019une certaine curiosit\u00e9 vis-\u00e0-vis des techniques, quelles qu\u2019elles soient, \u00e0 commencer par son exposition&nbsp;<em>Machine Art<\/em>&nbsp;en 1934. C\u2019est encore une machine qui nous accueille d\u00e8s l\u2019entr\u00e9e de l\u2019exposition&nbsp;<em>New Order<\/em>&nbsp;en cette fin de seconde d\u00e9cennie du 21<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle. Celle-ci est r\u00e9solument famili\u00e8re&nbsp;: un r\u00e9frig\u00e9rateur industriel pr\u00e9sentant des smoothies parfaitement rang\u00e9s par couleur. Le&nbsp;<em>facing<\/em>&nbsp;de l\u2019installation&nbsp;<em>Skittles<\/em>&nbsp;de Josh Kline, qui ne laisse rien transpara\u00eetre des associations pour le moins improbables de parfums, est irr\u00e9prochable. Les \u00ab produits \u00bb correspondent en fait \u00e0 des profils tels \u00ab Designer \u00bb ou \u00ab Tourist \u00bb et contiennent des extraits d\u2019eau vitamin\u00e9e, d\u2019aspirine, de cartes de cr\u00e9dit, de sneakers\u2026 \u00c9videmment non comestibles, et de toute mani\u00e8re inaccessibles car prot\u00e9g\u00e9s par des vitres, ils t\u00e9moignent de nos us et coutumes selon nos appartenances ou hobbies. Aussi le statut de cette \u0153uvre oscille-t-il entre \u00e9tude de sociologie et offre marketing.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"495\" src=\"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/19_06_08LRb.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-282\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/19_06_08LRb.jpg 660w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/19_06_08LRb-300x225.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><figcaption>Seth Price,&nbsp;<em>Vintage Bombers<\/em>&nbsp;(d\u00e9tail), 2006.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>S\u2019il est un mat\u00e9riau de grande consommation que les technologies n\u2019ont cess\u00e9 de fa\u00e7onner pour r\u00e9pondre \u00e0 nos attentes les plus diverses \u2013 au point que l\u2019on soit aujourd\u2019hui contraint de s\u2019en passer \u2013, c\u2019est bien le plastique, qui a fascin\u00e9 de nombreux artistes. C\u2019est le cas de Seth Price, \u00e9galement expos\u00e9, qui va jusqu\u2019\u00e0 comparer l\u2019extr\u00eame mall\u00e9abilit\u00e9 de ce mat\u00e9riau aux infinies possibilit\u00e9s qu\u2019offre le m\u00e9dium num\u00e9rique. Seth Price utilise la technique du thermoformage pour capturer l\u2019aura de ses&nbsp;<em>Vintage<\/em>&nbsp;<em>Bombers<\/em>. C\u2019est donc un moulage que l\u2019on observe, objet comparable aux empreintes que les arch\u00e9ologues rel\u00e8vent sur les sites historiques de leurs recherches. Au sein d\u2019une institution mus\u00e9ale, il continuera \u00e0 t\u00e9moigner de l\u2019objet disparu, avec pour mission d\u2019en conserver la documentation en relief. Quant \u00e0 la dorure qui recouvre sa surface, elle l\u2019extrait du domaine de la grande consommation, o\u00f9 l\u2019on fait encore grand usage du polychlorure de vinyle \u2013 autrement appel\u00e9 PVC. Par sa pratique, l\u2019artiste am\u00e9ricain transmute litt\u00e9ralement un mat\u00e9riau d\u2019une grande banalit\u00e9 en une pi\u00e8ce que les collectionneurs s\u2019arrachent chez Christie\u2019s ou Sotheby\u2019s. L\u2019id\u00e9e d\u2019empreinte, dans l\u2019histoire de l\u2019art, n\u2019est pourtant pas nouvelle si l\u2019on consid\u00e8re les repr\u00e9sentations, positives ou n\u00e9gatives, par contact de mains, dans l\u2019art pari\u00e9tal.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"495\" src=\"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/19_06_08LRc.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-283\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/19_06_08LRc.jpg 660w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/19_06_08LRc-300x225.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><figcaption>Thomas Ruff,&nbsp;<em>phg.06<\/em>, 2012.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Il n\u2019existe d\u2019ailleurs pas de m\u00e9dium artistique \u2013 \u00e0 l\u2019instar de la photographie, dont a \u00e9merg\u00e9 le photogramme \u2013 qui n\u2019ait une quelconque relation \u00e0 l\u2019empreinte. Le num\u00e9rique n\u2019en est pas exclu, au vu des grands tirages de la s\u00e9rie&nbsp;<em>phg<\/em>&nbsp;du photographe Thomas Ruff, \u00e9galement pr\u00e9sent\u00e9 dans l\u2019exposition. Pour cette s\u00e9rie, les manipulations sont enti\u00e8rement r\u00e9alis\u00e9es sur une application 3D, en lieu et place de l\u2019habituel laboratoire photo. Ainsi, Thomas Ruff \u00ab&nbsp;\u00e9mule&nbsp;\u00bb \u2013 pour un jeu vid\u00e9o, on \u00e9mule un ancien syst\u00e8me avec un autre, plus r\u00e9cent, pour pouvoir continuer \u00e0 jouer \u2013 virtuellement la pratique du photogramme. En effet, dans ce cas, le contact est tout aussi virtuel que l\u2019objet lui-m\u00eame, dont on observe une autre forme d\u2019aura \u00e0 travers la lumi\u00e8re de l\u2019interface-laboratoire de l\u2019artiste allemand. Au regard de la complexit\u00e9 de telles images, il appara\u00eet toutefois inenvisageable que ce dernier ait le contr\u00f4le total des \u00e9l\u00e9ments qu\u2019il manipule. On l\u2019imagine m\u00eame ais\u00e9ment dans une forme de l\u00e2cher-prise durant l\u2019\u00e9mergence, au fil de ses manipulations num\u00e9riques, d\u2019associations inattendues de lumi\u00e8res et d\u2019ombres.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"495\" src=\"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/19_06_08LRd.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-284\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/19_06_08LRd.jpg 660w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/19_06_08LRd-300x225.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><figcaption>Louise Bourgeois,&nbsp;<em>Untitled<\/em>, 1998-2014.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>S\u2019il est une technologie qui n\u2019a jamais v\u00e9ritablement rencontr\u00e9 son public, c\u2019est bien celle de l\u2019holographie, qui n\u2019a pourtant rien perdu de son pouvoir de fascination visuelle. La s\u00e9rie de huit hologrammes initi\u00e9e par Louise Bourgeois \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990 est l\u00e0 pour nous en convaincre. On y retrouve l\u2019univers de l\u2019artiste, o\u00f9 des chaises singuli\u00e8res pourraient symboliser autant d\u2019absences, alors que ces repr\u00e9sentations qui se d\u00e9robent \u00e0 nos regards sont d\u00e9finitivement celles de r\u00eaves d\u2019une insolite \u00e9tranget\u00e9 : des repr\u00e9sentations comme suspendues \u00e0 mi-chemin entre le plan et la profondeur, qui se refusent obstin\u00e9ment \u00e0 toute id\u00e9e de capture. La frustration est flagrante dans les yeux de celles et ceux qui essaient de documenter ces cr\u00e9ations avec leur smartphone. Car c\u2019est l\u00e0 le propre des \u0153uvres dont l\u2019exp\u00e9rience ne peut \u00eatre faite qu\u2019en leur pr\u00e9sence et dans la multiplication, donc le recoupement, des points de vue.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\"><em>R\u00e9dig\u00e9 par Dominique Moulon pour <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.artpress.com\" target=\"_blank\">ArtPress<\/a><\/em><\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec&nbsp;New Order: Art and Technology in the Twenty-First Century, le MoMA questionne le r\u00f4le essentiel des technologies dans l\u2019art d\u2019aujourd\u2019hui. Cette exposition les envisage, fort heureusement, tant en termes d\u2019outils \u2013 plus exactement de m\u00e9dium \u2013 que de sujet. 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