{"id":321,"date":"2019-11-09T16:36:17","date_gmt":"2019-11-09T15:36:17","guid":{"rendered":"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/?p=321"},"modified":"2019-11-09T16:37:21","modified_gmt":"2019-11-09T15:37:21","slug":"laurent-pernot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/2019\/11\/09\/laurent-pernot\/","title":{"rendered":"Laurent Pernot"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"371\" src=\"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/19_11_09LR.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-322\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/19_11_09LR.jpg 660w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/19_11_09LR-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><figcaption>Laurent Pernot,<em> Autoportrait au tableau d\u2019hiver<\/em>, 2014. <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.laurentpernot.net\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Laurent Pernot (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Laurent Pernot<\/a> est un artiste dont les pratiques et les formes, d\u2019une relative diversit\u00e9, sont au service de quelques obsessions de l\u2019intime comme la m\u00e9moire, le temps ou, plus g\u00e9n\u00e9ralement, l\u2019imaginaire. Cela lui permet de revisiter les genres que sont le portrait, le paysage ou la nature morte tout en tissant des correspondances qu\u2019il renforce au fil de ses cr\u00e9ations. Le quotidien, qu\u2019il sublime par fragments, y est une source d\u2019inspiration sans limite dans lequel il puise les mati\u00e8res premi\u00e8res qui sont \u00e0 l\u2019origine de mises en sc\u00e8ne aux narrations convoquant le genre litt\u00e9raire de la nouvelle. Abordant le portrait, il d\u00e9colle les visages des corps de celles et de ceux dont il ne sait rien pour en d\u00e9duire, par l\u2019hybridation, d\u2019infinies variations. Se saisissant encore de photographies de famille d\u2019anonymes, il en efface les images en des gestes acc\u00e9l\u00e9rant singuli\u00e8rement des processus de disparition que le temps avait d\u00e9j\u00e0 initi\u00e9. Il s\u2019int\u00e9resse aussi aux puissances telluriques qui, autrefois, ont fa\u00e7onn\u00e9 le monde. Une fois encore il acc\u00e9l\u00e8re, en les simulant, les actions de ces m\u00eames forces sur les paysages qu\u2019elles cr\u00e9ent. L\u2019id\u00e9e \u00e9tant de nous aider \u00e0 percevoir de telles \u00e9nergies qui, au-del\u00e0 des cataclysmes, se terrent ordinairement dans l\u2019invisible.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019action symbolique que porte Laurent Pernot sur le temps est toutefois plus souvent de l\u2019ordre du ralentissement. Elle est extr\u00eame quand il parvient \u00e0 le figer dans des natures mortes constitu\u00e9es d\u2019objets trouv\u00e9s qu\u2019il recouvre, par quelques artifices, de couches de glace ou de givre. Les objets qu\u2019il s\u2019approprie en des gestes duchampiens ont d\u00e9j\u00e0 des histoires qu\u2019il augmente en les neutralisant par l\u2019id\u00e9e m\u00eame d\u2019un froid extr\u00eame. D\u2019un froid qui, dans une certaine mesure, supprime la vie dont on sait qu\u2019elle est \u00e9ph\u00e9m\u00e8re pour pr\u00e9server le vivant qu\u2019il rend dans un m\u00eame temps \u00e9ternel. L\u2019\u00e9ternit\u00e9 \u00e9tant une notion qui, r\u00e9guli\u00e8rement, revient dans le travail de cet artiste aux fulgurances parfois quelque peu d\u00e9miurgique. Comme lorsqu\u2019il \u00e9met le souhait de tenir la mer dans sa main \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9, consid\u00e9rant nos usages num\u00e9riques, la sph\u00e8re virtuelle du monde tient dans la paume de notre main et o\u00f9 nous saisissons, enfin, la fragilit\u00e9 des oc\u00e9ans. <\/p>\n\n\n\n<p>La fragilit\u00e9 \u00e9tant possiblement la composante essentielle de l\u2019\u0153uvre que Laurent Pernot poursuit. Une fragilit\u00e9 qui, bien au-del\u00e0 des croyances, met l\u2019objet, l\u2019\u00eatre et le monde sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9 dans leur relation \u00e0 l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re et quelles que soient les temporalit\u00e9s qu\u2019il neutralise. Et ce, qu\u2019il s\u2019agisse de clefs n\u2019ouvrant plus aucune porte ou de montres ne donnant plus l\u2019heure, de fleurs qui jamais ne faneront ou d\u2019animaux qui ne peuvent plus dispara\u00eetre. L\u2019artiste allant jusqu\u2019\u00e0 envisager la n\u00e9gation de sa propre fin en se repr\u00e9sentant lui-m\u00eame gel\u00e9 dans sa contemplation d\u2019un tableau d\u2019hiver. La contemplation est elle aussi une composante essentielle de son travail. Mais l\u2019aspect po\u00e9tique de l\u2019\u0153uvre de Laurent Pernot ne doit en aucun cas masquer l\u2019approche philosophique de cet artiste. Il nous incite \u00e0 reconsid\u00e9rer tant la vanit\u00e9 de nos existences que celle de nos actions que, pourtant, nous nous devons d\u2019am\u00e9liorer au regard d\u2019un monde qui toutes et tous nous effraie au point que l\u2019imaginaire soit un parfait refuge. <\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\"><em>R\u00e9dig\u00e9 par Dominique Moulon pour le <\/em><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Salon Turbulences (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/www.salonturbulences.com\" target=\"_blank\"><em>Salon Turbulences<\/em><\/a><em>.<\/em><\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Laurent Pernot est un artiste dont les pratiques et les formes, d\u2019une relative diversit\u00e9, sont au service de quelques obsessions de l\u2019intime comme la m\u00e9moire, le temps ou, plus g\u00e9n\u00e9ralement, l\u2019imaginaire. 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