{"id":364,"date":"2020-04-07T10:21:09","date_gmt":"2020-04-07T08:21:09","guid":{"rendered":"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/?p=364"},"modified":"2021-03-15T22:38:37","modified_gmt":"2021-03-15T21:38:37","slug":"matieres-sensibles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/2020\/04\/07\/matieres-sensibles\/","title":{"rendered":"Mati\u00e8res sensibles"},"content":{"rendered":"\r\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"371\" class=\"wp-image-365\" src=\"http:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/ms.jpg\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/ms.jpg 660w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/ms-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><figcaption>Scenocosme, <em>Mati\u00e8res sensibles 1<\/em>, 2013, au ZKM de Karlsruhe.<\/figcaption><\/figure>\r\n\r\n\r\n\r\n\r\nLes artistes Ana\u00efs met den Ancxt et Gr\u00e9gory Lasserre forment ensemble le duo <a href=\"http:\/\/www.scenocosme.com\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Scenocosme (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Scenocosme<\/a>. Ce qu\u2019ils nous disent, en se nommant ainsi, c\u2019est leur attachement \u00e0 la sc\u00e8ne ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 la sc\u00e9nographie des lieux qu\u2019ils investissent avec leurs instruments. Car ce sont aussi des luthiers, mais \u00e0 l\u2019\u00e8re de l\u2019usage g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 des technologies du num\u00e9rique. Et l\u2019on sait l\u2019app\u00e9tence immod\u00e9r\u00e9e des plasticiens sonores qui, autrefois, se sont imm\u00e9diatement saisi de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 puis de l\u2019\u00e9lectronique. Il convient, dans le cas de Scenocosme, d\u2019apprendre \u00e0 jouer des sculptures qu\u2019ils nous proposent tout en transformant les lieux de leurs expositions en autant de cages de r\u00e9sonance. Et c\u2019est alors que s\u2019improvisent des chor\u00e9graphies de la main comme du corps dans son entier. On apprend par le faire et sans m\u00e9thode aucune, pour s\u2019apercevoir que l\u2019on savait d\u00e9j\u00e0. Tout comme celles et ceux qui, du jour au lendemain, s\u2019expriment avec un langage que pourtant jamais on ne leur avait appris. C\u2019est par cons\u00e9quent d\u2019une forme de magie dont il s\u2019agit. D\u2019une magie consistant \u00e0 insuffler des suppl\u00e9ments d\u2019\u00e2mes aux objets qu\u2019Ana\u00efs met den Ancxt et Gr\u00e9gory Lasserre sculptent ou s\u2019approprient. Des objets que les spectatrices ou spectateurs, tel autant d\u2019interpr\u00e8tes, touchent, effleurent ou caressent afin d\u2019en extirper les sons dont on veut continuer d\u2019ignorer o\u00f9 ils se dissimulaient. C\u2019est-\u00e0-dire quelque part dans l\u2019invisible, la composante essentielle du travail de Scenocosme. Quand leurs mat\u00e9riaux de pr\u00e9dilection, entre autre cuirs, bois ou plantes, n\u2019ont rien d\u2019\u00e9lectronique et s\u2019inscrivent par cons\u00e9quent en opposition avec les musiques qu\u2019ils d\u00e9clenchent ou diffusent. Les sons d\u2019ailleurs qui composent ces m\u00eames musiques renforcent le caract\u00e8re fictionnel des situations ainsi cr\u00e9\u00e9es. Et ce, que l\u2019on soit du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019instrumentiste comme de celui du public. Car il est bien des moyens d\u2019aborder le travail de ces deux artistes qui, on l\u2019imagine ais\u00e9ment, s\u2019\u00e9tonnent eux-m\u00eames des fa\u00e7ons dont on se saisit de leurs \u0153uvres en les parachevant de nos usages comme de commentaires.\r\n\r\n\r\n\r\n\r\n\r\n<em>Mati\u00e8res sensibles\u00a0<\/em>compte parmi ces installations que le public compl\u00e8te de sa relation physique \u00e0 l\u2019\u0153uvre. Tant du point de vue de sa mat\u00e9rialit\u00e9 que de celui des immat\u00e9rielles extensions, dans l\u2019invisible, des lieux investis. A la diversit\u00e9 des veines du bois habilement choisi par les artistes, comme savent le faire les sculpteurs, correspond une palette de sons aux infinies variations selon les caresses. Car <em>Mati\u00e8res sensibles <\/em>incite litt\u00e9ralement aux caresses de toutes sortes. Elle est en attente et semble nous appeler, nous interpeler m\u00eame. Elle d\u00e9sire intiment qu\u2019on l\u2019effleure ou qu\u2019on la touche. Des relations qui s\u2019\u00e9tablissent, il \u00e9merge quelque chose qui est de l\u2019ordre de l\u2019intime, ou plus exactement du sensuel. L\u2019exp\u00e9rience est unique, donc \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Aussi, on la prolonge en des\r\ngestualit\u00e9s liss\u00e9es qui ont pour effet d\u2019\u00e9tirer les sons d\u2019une musique\r\nd\u2019improvisation que les deux artistes ont pourtant tent\u00e9 d\u2019anticiper. Ce qui se joue, dans l\u2019espace du lieu, n\u2019est autre que la r\u00e9p\u00e9tition en d\u2019infinies variations des jeux qu\u2019Ana\u00efs met den Ancxt et Gr\u00e9gory Lasserre on imagin\u00e9 dans leur atelier. Les partitions, en revanche, sont en chacune ou chacun d\u2019entre nous, d\u00e8s lors que nous nous pr\u00e9sentons \u00e0 l\u2019\u0153uvre. Intuitivement, nous les savons sans pour autant les conna\u00eetre et dans l\u2019attente impatiente de les d\u00e9couvrir.\r\n\r\n\r\n\r\n\r\n<pre class=\"wp-block-preformatted\"><em>Article r\u00e9dig\u00e9 par Dominique Moulon pour la Collection du <a href=\"https:\/\/www.navigart.fr\/fracal\/#\/artworks\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Frac Alsace (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Frac Alsace<\/a>.<\/em><\/pre>\r\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les artistes Ana\u00efs met den Ancxt et Gr\u00e9gory Lasserre forment ensemble le duo Scenocosme. Ce qu\u2019ils nous disent, en se nommant ainsi, c\u2019est leur attachement \u00e0 la sc\u00e8ne ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 la sc\u00e9nographie des lieux qu\u2019ils investissent avec leurs instruments. 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