{"id":530,"date":"2022-07-18T16:00:27","date_gmt":"2022-07-18T14:00:27","guid":{"rendered":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/?p=530"},"modified":"2022-07-18T16:00:27","modified_gmt":"2022-07-18T14:00:27","slug":"soleils-martiens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/2022\/07\/18\/soleils-martiens\/","title":{"rendered":"Soleils martiens"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>L\u2019exposition <em>Soleils martiens<\/em> de <a href=\"http:\/\/www.feliciedestiennedorves.com\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">F\u00e9licie d\u2019Estienne d\u2019Orves<\/a> qui se tient au <a href=\"https:\/\/www.lelieuunique.com\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Lieu unique<\/a> a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e par son directeur Eli Commins en collaboration avec le commissaire associ\u00e9 Sean Rose. Int\u00e9grant la programmation du <em>Voyage \u00e0 Nantes<\/em>, elle rassemble des installations de lumi\u00e8res et d\u2019ombres donnant forme \u00e0 la distance.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"371\" src=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/220718.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-531\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/220718.jpg 660w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/220718-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><figcaption>F\u00e9licie d\u2019Estienne d\u2019Orves, <em>Eclipse II<\/em>, 2012-2016.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>F\u00e9licie d\u2019Estienne d\u2019Orves est une artiste de la lumi\u00e8re que le lointain inspire. Aimant la compagnie des scientifiques, et plus particuli\u00e8rement celle des astrophysiciens, elle magnifie leurs d\u00e9couvertes ou connaissances. Pour exemple, ces barres en acier qui convoqueraient l\u2019art minimal si des lumi\u00e8res ne les parcouraient lentement. Les pi\u00e8ces de la s\u00e9rie <em>\u00c9talon lumi\u00e8re<\/em> ont pour fonction de nous permettre de mesurer le temps que met la lumi\u00e8re d\u2019objets c\u00e9lestes de notre syst\u00e8me solaire pour nous parvenir. La lenteur, lorsqu\u2019elle est extr\u00eame, en exprime l\u2019\u00e9loignement tout aussi extr\u00eame. C\u2019est avec de tels gestes artistiques que, dans l\u2019\u00e9pure incitant \u00e0 la contemplation, l\u2019artiste nous communique des informations \u00e0 m\u00eame d\u2019activer nos imaginaires. Avec <em>SN 1572 Tycho<\/em> se pr\u00e9sentant sous la forme d\u2019une boite lumineuse qui laisse filtrer des couleurs, elle se r\u00e9f\u00e8re tant aux donn\u00e9es qu\u2019aux proc\u00e9d\u00e9s d\u2019observation dans le lointain. Sachant que les spectres de lumi\u00e8res \u00e9mis par les astres renseignent les astronomes sur les natures de ces m\u00eame astres, F\u00e9licie d\u2019Estienne d\u2019Orves brosse le portrait spectral d\u2019une supernova thermonucl\u00e9aire de la constellation de Cassiop\u00e9e. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019une fois encore elle emprunte \u00e0 l\u2019histoire de l\u2019art cette mani\u00e8re qu\u2019avaient certains peintres de l\u2019abstraction am\u00e9ricaine d\u2019agencer les couleurs, en m\u00eame temps qu\u2019elle use des technologies de son temps \u2013 dans ce cas des diodes \u00e9lectroluminescentes \u2013 pour nous projeter dans l\u2019imaginaire d\u2019ailleurs dont seuls les scientifiques ont le secret.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exposition <em>Soleils martiens<\/em> nous incite tant \u00e0 observer qu\u2019\u00e0 contempler. Consid\u00e9rant l\u2019observation, c\u2019est notamment celle d\u2019une lamelle de m\u00e9t\u00e9orite de m\u00e9tal dont elle a fait l\u2019acquisition pour nous la pr\u00e9senter \u00e0 la loupe. Il s\u2019agit d\u2019une <em>Octa\u00e9drite<\/em> dont la surface d\u00e9coup\u00e9e est \u00e9trangement stri\u00e9e au point de ne rien \u00e9voquer de naturel. Comme si cet objet, extraterrestre par d\u00e9finition, avait \u00e9t\u00e9 usin\u00e9 par une machine que nous n\u2019aurions pas con\u00e7ue. Et l\u2019on se prend \u00e0 r\u00eaver de ne pas \u00eatre les seuls dans cette immensit\u00e9 dont la nuit ne r\u00e9v\u00e8le que la proximit\u00e9 de quelques \u00e9toiles pourtant inatteignables si ce n\u2019est par l\u2019observation et\/ou la contemplation. C\u2019est ce que l\u2019installation lumineuse <em>Eclipse II<\/em> illustre parfaitement. En reconstituant ce moment si rare o\u00f9 la Lune masque le Soleil, F\u00e9licie d\u2019Estienne d\u2019Orves se r\u00e9f\u00e8re tant aux scientifiques qui en profitent pour observer les \u00e9ruptions solaires qu\u2019aux civilisations anciennes qui, contemplant l\u2019\u00e9v\u00e9nement, se devaient d\u2019en imaginer les r\u00e9cits. Quand leurs pr\u00eatresses et pr\u00eatres se devaient tout autant d\u2019interpr\u00e9ter les passages si r\u00e9guliers de la lumi\u00e8re \u00e0 l\u2019obscurit\u00e9. C\u2019\u00e9tait avant que le coucher de soleil, semblable \u00e0 celui qui est projet\u00e9 au Lieu unique, ne soit associ\u00e9 au romantisme d\u2019instants partag\u00e9s. Mais celui de l\u2019artiste est particulier puisqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9 selon des donn\u00e9es collect\u00e9es sur la plan\u00e8te Mars que les auteurs de sciences fiction ont si souvent fantasm\u00e9e. Les sons de la compositrice Eliane Radique, que les amateurs de musique \u00e9lectronique connaissent bien, participent grandement \u00e0 suspendre l\u2019image en mouvement. Ils \u00e9tirent l\u2019instant pour que nous en fassions pleinement l\u2019exp\u00e9rience de pens\u00e9e tant il est assur\u00e9 que pour l\u2019essentiel d\u2019entre nous, jamais nous ne vivrons ce qui reste une fiction pour les humains\u00a0: un coucher de soleil sur Mars. Sachant que seuls des robots de la Nasa en ont fait l\u2019exp\u00e9rience pour nous la procurer. <\/p>\n\n\n\n<p>Et il y a ces esp\u00e8ces de tables sur lesquelles l\u2019artiste a dress\u00e9 des solides, parall\u00e9l\u00e9pip\u00e8des ou sph\u00e8res, auxquels elle associe des soleils artificiels de fin d\u2019apr\u00e8s-midi. Comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019\u00e9tudes d\u2019ombres extirp\u00e9es des anciens trait\u00e9s de perspective. Les ombres sont d\u00e9mesur\u00e9es quant aux objets qu\u2019elles prolongent. C\u2019est ainsi que Giorgio de Chirico les peignait lorsqu\u2019il voulait lui aussi dilater le temps de ses repr\u00e9sentations m\u00e9taphasiques qui, d\u00e9j\u00e0, anticipaient notre relation \u00e0 l\u2019espace virtuel des m\u00e9tavers dont on parle tant aujourd\u2019hui. Enfin, il y a ce triptyque de tirages photographiques t\u00e9moignant des exp\u00e9riences de d\u00e9sert de l\u2019artiste. Soucieuse de se reconnecter \u00e0 la nature comme le faisaient ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs du <em>Land Art<\/em>, elle a voyag\u00e9 avec le mat\u00e9riel lui permettant litt\u00e9ralement de se connecter \u00e0 quelques objets c\u00e9lestes en pointant des rayons laser dans leur direction. Un r\u00e9sum\u00e9 par l\u2019image de ses pratiques consistant \u00e0 associer lumi\u00e8re \u00e0 connaissance.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">R\u00e9dig\u00e9 par Dominique Moulon pour <a href=\"https:\/\/www.artpress.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ArtPress<\/a>.<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019exposition Soleils martiens de F\u00e9licie d\u2019Estienne d\u2019Orves qui se tient au Lieu unique a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e par son directeur Eli Commins en collaboration avec le commissaire associ\u00e9 Sean Rose. Int\u00e9grant la programmation du Voyage \u00e0 Nantes, elle rassemble des installations de lumi\u00e8res et d\u2019ombres donnant forme \u00e0 la distance. 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