{"id":584,"date":"2023-05-12T15:48:55","date_gmt":"2023-05-12T13:48:55","guid":{"rendered":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/?p=584"},"modified":"2023-05-13T08:43:47","modified_gmt":"2023-05-13T06:43:47","slug":"whiteface","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/2023\/05\/12\/whiteface\/","title":{"rendered":"Whiteface"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/centrale.brussels\" target=\"_blank\">La Centrale<\/a> \u00e0 Bruxelles,<em> Extra <\/em>est une exposition o\u00f9 un artiste, <a href=\"https:\/\/www.mehdigeorgeslahlou.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Mehdi-Georges Lahlou<\/a>, en invite une autre, <a href=\"https:\/\/www.candicebreitz.net\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Candice Breitz<\/a>. Cette derni\u00e8re y pr\u00e9sente notamment l\u2019installation vid\u00e9o deux canaux <em>Whiteface<\/em> o\u00f9 elle interpr\u00e8te les turpitudes existentielles inh\u00e9rentes \u00e0 la blanchit\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"440\" src=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/230512.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-585\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/230512.jpg 660w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/230512-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Candice Breitz, <em>Whiteface<\/em>, 2022. Installation vid\u00e9o deux canaux, couleur, 35\u201923\u201d, boucle. Production Museum Folkwang, avec le support de Kunsthalle Baden-Baden. Vue d\u2019exposition, Mehdi-Georges Lahlou &amp; Candice Breitz &#8211; Extra, La Centrale, Bruxelles. Photographie Philippe De Gobert.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Candice Breitz (1972) est originaire de Johannesburg du temps de l\u2019<em>Apartheid<\/em> et vit depuis 2002 \u00e0 Berlin. Elle questionne les cultures populaires en pratiquant essentiellement la vid\u00e9o \u2013 qu\u2019elle augmente parfois de photographies \u2013 au sein d\u2019installations multipliant les flux d\u2019images. Rompue \u00e0 l\u2019appropriation artistique de s\u00e9quences hollywoodiennes comme \u00e0 la mise en sc\u00e8ne de gens ordinaires, elle sait tout autant interpr\u00e9ter des r\u00f4les, comme elle le fait pour l\u2019installation <em>Whiteface<\/em> de 2022. Car c\u2019est bien elle qui s\u2019exprime avec les mots d\u2019autrui, seule et face cam\u00e9ra quand elle n\u2019est pas entour\u00e9e de copies d\u2019elle-m\u00eame diversement grim\u00e9es. Son allure \u00e9volue, mais la chemise d\u2019un blanc immacul\u00e9 perdure pendant les 35 minutes de la vid\u00e9o projet\u00e9e en boucle. R\u00e9guli\u00e8rement film\u00e9e en plan am\u00e9ricain, comme c\u2019est l\u2019usage sur <em>TikTok<\/em>, elle s\u2019adonne \u00e0 la synchronisation labiale. Une autre tendance sur cette plateforme que les amateurs de la mise en sc\u00e8ne de soi privil\u00e9gient actuellement. Et ce, quel que soit le sujet abord\u00e9, divertissement, politique ou, in\u00e9vitablement, d\u00e9sinformation.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette performance a de quoi surprendre. Tout d\u2019abord il y a l\u2019extr\u00eame unit\u00e9 d\u2019une esth\u00e9tique s\u2019articulant autour de diverses coiffures, toutes blondes, et cette m\u00eame chemise aux manches relev\u00e9es fusionnant avec l\u2019absence ou la puret\u00e9 symbolis\u00e9e par un fond blanc. Quant \u00e0 l\u2019actrice incarn\u00e9e par ses multiples avatars, elle interpr\u00e8te une multitude d\u2019\u00e9chantillons sonores qu\u2019elle surjoue avec un plaisir non dissimul\u00e9. Toutefois, sa pr\u00e9sence \u00e0 l\u2019image semble ne pas correspondre tout \u00e0 fait aux timbres des voix qui se succ\u00e8dent. Or il convient de se retourner pour en comprendre la source t\u00e9l\u00e9visuelle, ou plus largement m\u00e9diatique. L\u2019installation vid\u00e9o est ainsi constitu\u00e9e de deux couches se faisant face. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 il y a le <em>video sampling<\/em> de commentatrices et commentateurs de la blanchit\u00e9 qui renvoie \u00e0 la pratique d\u2019artistes ou vid\u00e9astes de la m\u00eame g\u00e9n\u00e9ration, comme Omer Fast. De l\u2019autre, Candice Breitz habille, si ce n\u2019est texture, cette m\u00eame s\u00e9quence en performant de sa personne. Ce qui n\u2019adoucit gu\u00e8re les propos originels allant de l\u2019expression d\u2019un racisme ordinaire \u00e0 la th\u00e9orie du grand remplacement.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019installation vid\u00e9o <em>Whiteface <\/em>soul\u00e8ve de nombreuses questions ou probl\u00e9matiques que l\u2019artiste a choisies de traiter avec une relative distance en les interpr\u00e9tant. Quand le sujet, en r\u00e9alit\u00e9, n\u2019est autre que la peur d\u2019une communaut\u00e9 de perdre les privil\u00e8ges qui lui ont si naturellement \u00e9t\u00e9 transmis. La question de l\u2019information, ou plus exactement de la d\u00e9sinformation, est essentielle. Qu\u2019il s\u2019agisse de se contenter d\u2019un seul canal t\u00e9l\u00e9visuel \u00e0 la partialit\u00e9 affirm\u00e9e comme <em>Fox News<\/em> aux Etats-Unis. Ou, d\u2019une mani\u00e8re plus insidieuse, de se laisser enfermer dans sa bulle filtrante que les algorithmes fa\u00e7onnent au rythme de nos clics et commentaires sur les m\u00e9dias sociaux. Fort heureusement, l\u2019installation dont il est question n\u2019est accessible que dans le champ de l\u2019art. On imagine ais\u00e9ment l\u2019impossible mod\u00e9ration des \u00e9changes exacerb\u00e9s qu\u2019elle pourrait produire en ligne. O\u00f9 la d\u00e9raison, in\u00e9vitablement, l\u2019emporterait sur le dialogue. Une telle cr\u00e9ation, dans le contexte \u201cprivil\u00e9gi\u00e9\u201d \u2013 avouons-le \u2013 d\u2019un centre d\u2019art contemporain, ne peut que faire r\u00e9fl\u00e9chir aux racistes qui, ne nous le cachons pas, sommeillent en chacun d\u2019entre nous, toutes et tous.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">R\u00e9dig\u00e9 par Dominique Moulon pour <a href=\"https:\/\/www.artpress.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ArtPress<\/a>.<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 La Centrale \u00e0 Bruxelles, Extra est une exposition o\u00f9 un artiste, Mehdi-Georges Lahlou, en invite une autre, Candice Breitz. Cette derni\u00e8re y pr\u00e9sente notamment l\u2019installation vid\u00e9o deux canaux Whiteface o\u00f9 elle interpr\u00e8te les turpitudes existentielles inh\u00e9rentes \u00e0 la blanchit\u00e9. 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