{"id":684,"date":"2025-03-04T10:15:05","date_gmt":"2025-03-04T09:15:05","guid":{"rendered":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/?p=684"},"modified":"2025-03-04T10:15:05","modified_gmt":"2025-03-04T09:15:05","slug":"nano-particles-genesis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/2025\/03\/04\/nano-particles-genesis\/","title":{"rendered":"Nano Particles Genesis"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Entretien donn\u00e9 par l\u2019artiste contemporain Michelangelo Penso au critique d\u2019art Dominique Moulon \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019exposition <\/em>Nano Particles Genesis<em> \u00e0 la galerie parisienne <a href=\"https:\/\/albertapane.com\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Alberta Pane<\/a> du 1<sup>er<\/sup> f\u00e9vrier au 29 mars 2025.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"750\" height=\"563\" src=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/250304A.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-686\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/250304A.jpg 750w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/250304A-300x225.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Michelangelo Penso, exposition <em>Nano Particles Genesis<\/em>, 2025.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong><em>Dominique Moulon :<\/em><\/strong><em> La dualit\u00e9 n\u2019est-elle pas l\u2019une des notions cl\u00e9s de votre travail si l\u2019on consid\u00e8re, par exemple, les mat\u00e9riaux que vous s\u00e9lectionnez pour leurs propri\u00e9t\u00e9s soit d\u2019absorption, soit \u00e0 l\u2019inverse de diffusion ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Michelangelo Penso :<\/strong> Oui, la dualit\u00e9 peut \u00eatre envisag\u00e9e comme une notion cl\u00e9 dans mon travail, surtout lorsque l\u2019on examine les propri\u00e9t\u00e9s des mat\u00e9riaux, qui absorbent et renvoient les vibrations. Dans ce contexte, la dualit\u00e9 n&rsquo;est pas seulement un concept physique, mais est aussi un principe esth\u00e9tique et symbolique qui peut \u00eatre explor\u00e9 \u00e0 travers le choix des mati\u00e8res, qui r\u00e9pondent diff\u00e9remment \u00e0 des stimuli externes tels que les vibrations, les mouvements, ou bien l\u2019interaction entre le spectateur et l\u2019\u0153uvre. Dans mes \u0153uvres, la dualit\u00e9 est aussi un moyen d&rsquo;explorer et de communiquer des concepts complexes li\u00e9s \u00e0 la recherche scientifique. Les vibrations, tant en termes d&rsquo;absorption que de diffusion, peuvent devenir des outils \u00e0 travers lesquels l&rsquo;\u0153uvre construit un r\u00e9cit sensoriel impliquant la perception, la transformation et l\u2019interaction, entre la mati\u00e8re et l&rsquo;espace.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>D.M. :<\/em><\/strong><em> Que vous inspire le fait que vos cr\u00e9ations sonores et interactives plac\u00e9es dans l\u2019espace public soient per\u00e7ues par toutes et tous, bien que peu d\u2019entre les passantes et passants les identifient comme \u0153uvres ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>M.P. :<\/strong> L\u2019id\u00e9e que mes cr\u00e9ations interactives puissent \u00eatre vues et appr\u00e9ci\u00e9es par tous, m\u00eame si peu de gens les reconnaissent comme des \u0153uvres, est une r\u00e9flexion fascinante sur le r\u00f4le de l&rsquo;art dans la vie quotidienne. Ce qui m&rsquo;inspire, c&rsquo;est le concept d\u2019 \u00ab art invisible \u00bb ou d\u2019\u00ab art submerg\u00e9 \u00bb, qui parvient n\u00e9anmoins \u00e0 susciter des \u00e9motions, \u00e0 stimuler la r\u00e9flexion ou simplement \u00e0 interrompre le flux de la vie quotidienne. La perception de l\u2019\u0153uvre d\u2019art devient ainsi une exp\u00e9rience plus personnelle, une rencontre fortuite qui peut laisser des traces, sans avoir besoin d&rsquo;\u00eatre formellement identifi\u00e9e comme \u0153uvre. L&rsquo;art n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;\u00eatre quelque chose de visible ou de d\u00e9fini ; il peut se manifester dans les gestes, les \u00e9motions ou dans les liens qui s&rsquo;\u00e9tablissent entre les personnes et leur environnement. Les \u0153uvres qui envahissent les espaces publics sans s&rsquo;imposer comme des objets offrent une forme d&rsquo;implication plus subtile, comme si elles faisaient partie int\u00e9grante du contexte social et urbain. Elles donnent envie de s\u2019arr\u00eater, nous invitent \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir, et peut-\u00eatre, \u00e0 reconna\u00eetre quelque chose d&rsquo;extraordinaire dans le banal. La beaut\u00e9 r\u00e9side pr\u00e9cis\u00e9ment dans le fait que l&rsquo;art peut transcender sa forme reconnue et faire partie de la vie quotidienne, devenant ainsi une exp\u00e9rience qui va au-del\u00e0 de la perception visuelle, et atteignant quelque chose de plus profond. Il est essentiel de donner vie \u00e0 l\u2019\u0153uvre. Les cr\u00e9ations vivent une vie ind\u00e9pendante qui leur est propre, en lien avec les spectateurs qui influent sur elles, consciemment ou non.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"750\" height=\"563\" src=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/250304B.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-687\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/250304B.jpg 750w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/250304B-300x225.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Michelangelo Penso, exposition <em>Nano Particles Genesis<\/em>, 2025.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong><em>D.M. :<\/em><\/strong><em> Que recherchez-vous chez les scientifiques, bien au-del\u00e0 des donn\u00e9es qu\u2019ils vous confient, pour activer certaines de vos pi\u00e8ces sonores, dans leur approche de ph\u00e9nom\u00e8nes suppos\u00e9s ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>M.P. :<\/strong> Je m\u2019inspire beaucoup de l\u2019approche des scientifiques, qui allie curiosit\u00e9 et rigueur. Ils ont la capacit\u00e9 \u00e0 rester ouverts \u00e0 de nouvelles possibilit\u00e9s, sans renoncer \u00e0 la prudence critique n\u00e9cessaire. Apr\u00e8s tout, la science n&rsquo;est pas seulement une question de chiffres, mais plut\u00f4t de leur interpr\u00e9tation. C&rsquo;est pourquoi je m&rsquo;int\u00e9resse particuli\u00e8rement \u00e0 la mani\u00e8re dont les scientifiques g\u00e8rent l&rsquo;incertitude, la complexit\u00e9 et l&rsquo;\u00e9merveillement du monde qui les entoure, en cherchant des r\u00e9ponses qui ne sont pas seulement faciles, mais qui peuvent enrichir la fa\u00e7on dont nous percevons la r\u00e9alit\u00e9. Leur imagination est aussi importante que leur logique. Je cherche \u00e9galement leur ratification l\u00e9gitime, afin de ne pas produire des \u0153uvres qui soient de pr\u00e9tendues interpr\u00e9tations sans fondements, ou qui se d\u00e9veloppent dans ce territoire didactique qui n&rsquo;appartient pas au domaine de l\u2019art.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>D.M. :<\/em><\/strong><em> La notion commune \u00e0 l\u2019essentiel de votre travail, dans la dur\u00e9e, n\u2019est-elle pas de l\u2019ordre de l\u2019invisible, ou de l\u2019inaudible, que vous traquez pour le r\u00e9v\u00e9ler, tout en renouvelant <\/em>vos \u201cexp\u00e9riences\u201d ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>M.P. :<\/strong> Oui, tout \u00e0 fait. La notion centrale de mon travail tourne autour de l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;ordre de l&rsquo;invisible ou de l&rsquo;inaudible, cette fine couche de r\u00e9alit\u00e9 qui, bien que pr\u00e9sente, \u00e9chappe \u00e0 la perception imm\u00e9diate. J&rsquo;essaie de la r\u00e9v\u00e9ler, de la rendre tangible \u00e0 travers les pi\u00e8ces que je cr\u00e9e, qui sont souvent interactives, o\u00f9 le public est appel\u00e9 non seulement \u00e0 regarder, mais \u00e0 entrer en relation avec son environnement, \u00e0 activer de nouveaux sens, de nouveaux modes de perception. Au fil du temps, ces \u00ab exp\u00e9riences \u00bb ne sont pas statiques, mais \u00e9voluent et se renouvellent, pr\u00e9cis\u00e9ment parce que l&rsquo;objectif n&rsquo;est pas seulement de r\u00e9v\u00e9ler quelque chose de cach\u00e9, mais aussi d&rsquo;offrir une exp\u00e9rience qui change la personne qui interagit avec elle. En ce sens, l&rsquo;invisible et l&rsquo;inaudible sont des concepts fluides d&rsquo;une dimension esth\u00e9tique ou sonore, mais qui touchent des aspects plus profonds de notre perception du monde qui nous entoure. Chacune de mes interventions vise \u00e0 faire percevoir ces dimensions cach\u00e9es, en restituant une vision plus riche et plus sensorielle de la r\u00e9alit\u00e9. En fin de compte, il s&rsquo;agit d&rsquo;un voyage de d\u00e9couverte o\u00f9 l&rsquo;art n&rsquo;est pas seulement un objet, mais un processus qui stimule l&rsquo;\u00e9coute, l&rsquo;observation et la r\u00e9flexion, invitant les gens \u00e0 \u00ab sentir \u00bb ce qui leur \u00e9chappe habituellement.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"750\" height=\"1000\" src=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/250304C.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-688\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/250304C.jpg 750w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/250304C-225x300.jpg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Michelangelo Penso, <em>Biomarkers688<\/em>, 2025.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong><em>D.M. :<\/em><\/strong><em> L\u2019\u00e9l\u00e9gance des formes que vous obtenez n\u2019est-elle pas renforc\u00e9e par le fait qu\u2019il s\u2019agit de mat\u00e9riaux que vous extirpez de l\u2019industrie, les lib\u00e9rant ainsi de leurs usages qui relevaient de la contrainte ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>M.P. :<\/strong> Oui, l&rsquo;utilisation de mat\u00e9riaux industriels est un moyen qui me permet de repr\u00e9senter avec force et efficacit\u00e9 les territoires de recherche scientifique les plus avanc\u00e9s. Ce processus de \u00ab d\u00e9connexion \u00bb des contextes productifs et fonctionnels permet aux mat\u00e9riaux d&rsquo;acqu\u00e9rir une nouvelle vie, un espace dans lequel leur potentiel esth\u00e9tique n&rsquo;est plus limit\u00e9 par leur fonction pratique. En ce sens, travailler avec ces mat\u00e9riaux n&rsquo;est pas seulement un acte de cr\u00e9ation esth\u00e9tique, mais aussi une forme de lib\u00e9ration. La transformation d&rsquo;objets industriels en \u0153uvres d&rsquo;art devient un moyen de renouer avec leur beaut\u00e9 intrins\u00e8que, souvent n\u00e9glig\u00e9e dans leur contexte d&rsquo;origine. En supprimant la contrainte d&rsquo;utilisation impos\u00e9e par l&rsquo;industrie, ces mat\u00e9riaux deviennent plus fluides, plus ouverts \u00e0 de nouvelles interpr\u00e9tations et significations. L&rsquo;\u00e9l\u00e9gance qui s&rsquo;en d\u00e9gage ne d\u00e9pend pas seulement des formes que je cr\u00e9e, mais aussi de cet acte de \u00ab d\u00e9connexion \u00bb qui permet au mat\u00e9riau d&rsquo;exprimer une dimension diff\u00e9rente, plus abstraite et, en m\u00eame temps, plus universelle. D&rsquo;une certaine mani\u00e8re, l&rsquo;industrie elle-m\u00eame, avec son esth\u00e9tique fonctionnelle et utilitaire, devient une partie int\u00e9grante de ma recherche, puisque c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment dans l&rsquo;acte de lib\u00e9ration de ces mat\u00e9riaux qu&rsquo;\u00e9merge une nouvelle dimension esth\u00e9tique et \u00e9motionnelle, qui va conceptuellement de pair avec la recherche scientifique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>D.M. :<\/em><\/strong><em> Est-ce pour nous encourager \u00e0 une forme d\u2019introspection que vous repr\u00e9sentez les micromouvements qui, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle manom\u00e9trique, agissent dans sur nos corps en \u00e9chappant \u00e0 nos consciences ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>M.P. :<\/strong> Oui, en partie. La repr\u00e9sentation des micromouvements qui agissent au niveau manom\u00e9trique, comme dans l&rsquo;installation Magnetic nanoparticules Genesis, et qui \u00e9chappent souvent \u00e0 notre perception, est justement destin\u00e9e \u00e0 stimuler une forme d\u2019introspection. C&rsquo;est un encouragement \u00e0 l&rsquo;attention et \u00e0 la prise de conscience qui peut \u00eatre valable dans n&rsquo;importe quel domaine. Ces mouvements, bien qu&rsquo;invisibles et imperceptibles dans la vie quotidienne, sont fondamentaux pour notre existence et notre \u00e9quilibre physique et \u00e9motionnel. Leur repr\u00e9sentation n&rsquo;est pas tant une invitation \u00e0 \u00ab d\u00e9couvrir \u00bb ces mouvements, mais plut\u00f4t \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la mani\u00e8re dont le corps et l&rsquo;esprit sont imbriqu\u00e9s dans un jeu continu d&rsquo;impulsions et de sensations qui \u00e9chappent souvent \u00e0 notre attention consciente. Ce processus peut favoriser une meilleure connaissance de soi, de ces signaux imperceptibles qui influencent notre humeur, notre perception et notre comportement. L&rsquo;art, dans ce cas, devient un outil pour ralentir le temps, inviter l&rsquo;observateur \u00e0 \u00ab sentir \u00bb ce qui est habituellement ignor\u00e9, stimuler une r\u00e9flexion sur notre condition physique et mentale, et ouvrir la voie \u00e0 une compr\u00e9hension plus profonde et plus sensorielle de la r\u00e9alit\u00e9 que nous vivons.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"750\" height=\"563\" src=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/250304D.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-689\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/250304D.jpg 750w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/250304D-300x225.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Michelangelo Penso, <em>Biomarkers497<\/em> &amp; B<em>iomarkers885<\/em>, 2025.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong><em>D.M. :<\/em><\/strong><em> Que dire de la multitude des temporalit\u00e9s dans vos cr\u00e9ations qui, tant\u00f4t rejouent des exp\u00e9riences de laboratoire dans l\u2019espace de la galerie, tant\u00f4t s\u2019activent ici et maintenant dans l\u2019espace public ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>M.P. :<\/strong> La multitude de temporalit\u00e9s dans mes cr\u00e9ations refl\u00e8te une tension entre ce qui est visible maintenant, et ce qui reste cach\u00e9 ou potentiel. L&rsquo;aspect int\u00e9ressant de ces \u0153uvres, qui racontent parfois des recherches scientifiques en s&rsquo;activant dans l&rsquo;espace public, est qu&rsquo;elles jouent avec diff\u00e9rentes mani\u00e8res de percevoir le temps : d&rsquo;un temps scientifique et mesurable, \u00e0 un temps sensoriel et fluide, qui peut \u00eatre v\u00e9cu diff\u00e9remment en fonction de l&rsquo;interaction du public. Dans mon travail, j&rsquo;ai toujours envisag\u00e9 la possibilit\u00e9 d&rsquo;une expansion \u00e0 la fois des formes des volumes et du concept invisible que l&rsquo;\u0153uvre communique. Par cons\u00e9quent, l&rsquo;\u0153uvre doit impliquer l&rsquo;espace et les spectateurs, sans limites ni fronti\u00e8res, en s&rsquo;adaptant \u00e0 de multiples environnements. Dans l&rsquo;espace de la galerie, les \u0153uvres d\u00e9riv\u00e9es de la recherche scientifique proposent un temps qui devient souvent une sorte d&rsquo;\u00ab exp\u00e9rience contr\u00f4l\u00e9e \u00bb : le spectateur est invit\u00e9 \u00e0 observer les processus en cours, comme s\u2019il faisait lui-m\u00eame partie de l\u2019exp\u00e9rience. La temporalit\u00e9 prend un caract\u00e8re suspendu et devient r\u00e9p\u00e9tition, analyse, r\u00e9flexion. Dans l&rsquo;espace public, en revanche, le temps est plus vivant, imm\u00e9diat, li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ici et au maintenant. Les \u0153uvres qui sont activ\u00e9es dans un contexte public sont plus dynamiques, changeantes, li\u00e9es \u00e0 des interactions en temps r\u00e9el. La temporalit\u00e9, dans ce cas, est plus fluide et impr\u00e9visible : elle d\u00e9pend des actions des passants, des circonstances du moment, des \u00e9motions qui naissent de la rencontre entre l&rsquo;\u0153uvre et le spectateur. Le temps devient partag\u00e9, collectif et, d&rsquo;une certaine mani\u00e8re, \u00ab contextualis\u00e9 \u00bb par le lieu o\u00f9 l&rsquo;\u0153uvre est plac\u00e9e. Dans les deux cas, mon intention n&rsquo;est pas seulement de jouer avec la perception du temps, mais aussi de mettre en \u00e9vidence le lien entre les diff\u00e9rents rythmes de la vie : la pr\u00e9cision et le contr\u00f4le de la science versus l&rsquo;\u00e9lasticit\u00e9 et l&rsquo;imm\u00e9diatet\u00e9 de la vie quotidienne. Ces deux sph\u00e8res temporelles apparemment s\u00e9par\u00e9es se rencontrent et se croisent, cr\u00e9ant une sorte de \u00ab tension \u00bb qui nous invite \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur la nature m\u00eame du temps, sur la mani\u00e8re dont nous le vivons et au fait qu&rsquo;en fin de compte, il est toujours relatif \u00e0 notre exp\u00e9rience et \u00e0 notre contexte.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>D.M. :<\/em><\/strong><em> Votre atelier de Porto Marghera est le lieu de l&rsquo;assemblage de vos cr\u00e9ations. Mais quel est le lieu, ou moment, de l&rsquo;\u00e9mergence de vos id\u00e9es ? Et en est-il une actuellement dont vous pressentez qu&rsquo;elle pourrait faire \u0153uvre prochainement ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>M.P. :<\/strong> Le lieu o\u00f9 les id\u00e9es prennent forme peut \u00eatre tr\u00e8s diff\u00e9rent d&rsquo;un atelier. Personnellement, je per\u00e7ois l\u2019\u00e9mergence d\u2019une id\u00e9e comme quelque chose qui surgit dans n&rsquo;importe quel contexte : en marchant, en \u00e9coutant une conversation, en lisant, ou simplement lorsque je suis plong\u00e9 dans un moment de r\u00e9flexion. Les id\u00e9es ne sont jamais li\u00e9es \u00e0 un seul espace physique, mais plut\u00f4t \u00e0 un \u00e9tat mental d&rsquo;ouverture et de curiosit\u00e9 ; l&rsquo;atelier reste l&rsquo;endroit o\u00f9 les rendre tangibles. Concernant une nouvelle id\u00e9e d&rsquo;\u0153uvre, je pourrais te dire que les intuitions prennent souvent du temps pour m\u00fbrir. J&rsquo;aime suivre des pistes subtiles et observer comment elles \u00e9voluent. Je ne peux pas dire que j&rsquo;ai un projet d\u00e9j\u00e0 pr\u00eat \u00e0 \u00eatre r\u00e9v\u00e9l\u00e9, mais il y a certainement des concepts en d\u00e9veloppement qui pourraient se traduire par quelque chose de concret tr\u00e8s bient\u00f4t. La cl\u00e9 est d&rsquo;\u00eatre patient et ouvert aux signes et aux opportunit\u00e9s, qui surgissent souvent aussi lors de rencontres professionnelles et personnelles, ou bien comme pendant une interview !<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entretien donn\u00e9 par l\u2019artiste contemporain Michelangelo Penso au critique d\u2019art Dominique Moulon \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019exposition Nano Particles Genesis \u00e0 la galerie parisienne Alberta Pane du 1er f\u00e9vrier au 29 mars 2025. Dominique Moulon : La dualit\u00e9 n\u2019est-elle pas l\u2019une des notions cl\u00e9s de votre travail si l\u2019on consid\u00e8re, par exemple, les mat\u00e9riaux que vous &hellip; <a href=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/2025\/03\/04\/nano-particles-genesis\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Nano Particles Genesis<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-684","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/684","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=684"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/684\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":690,"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/684\/revisions\/690"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=684"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=684"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=684"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}