{"id":761,"date":"2025-11-03T16:30:44","date_gmt":"2025-11-03T15:30:44","guid":{"rendered":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/?p=761"},"modified":"2025-11-03T16:30:44","modified_gmt":"2025-11-03T15:30:44","slug":"code-matter","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/2025\/11\/03\/code-matter\/","title":{"rendered":"Code + Matter"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>C\u2019est \u00e0 l\u2019occasion de la foire Art Basel et dans le programme de la <a href=\"https:\/\/www.biennalenemo.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Biennale N\u00e9mo<\/a> que les quatre artistes aux pratiques g\u00e9n\u00e9ratives Alexis Andr\u00e9, Julien Espagnon, William Mapan et Florian Zumbrunn ont donn\u00e9 diverses formes de mat\u00e9rialit\u00e9 \u00e0 leurs recherches au sein de l\u2019exposition collective parisienne <a href=\"https:\/\/codeplusmatter.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Code + Matter<\/a>.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"750\" height=\"500\" src=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/251103A.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-763\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/251103A.jpg 750w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/251103A-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong><em>Code + Matter<\/em><\/strong>, Paris, vue d\u2019exposition, 2025.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00c9trange d\u00e9cennie que celle des ann\u00e9es 2020 commenc\u00e9e avec une pand\u00e9mie qui, indirectement, r\u00e9v\u00e9la quelques pratiques artistiques num\u00e9riques en ligne au grand public. Il est toutefois bon de rappeler ici qu\u2019il y a de l\u2019\u00e9lectronique dans l\u2019art depuis les ann\u00e9es 1960 et des \u0153uvres sur internet depuis les ann\u00e9es 1990. Parmi les tendances qui ont \u00e9volu\u00e9 \u00e0 bas bruit ces soixante derni\u00e8res ann\u00e9es pour enfin acc\u00e9der \u00e0 la lumi\u00e8re, il y a l\u2019art g\u00e9n\u00e9ratif que l\u2019on associe g\u00e9n\u00e9ralement aux pratiques du code permettant de \u201cg\u00e9n\u00e9rer\u201d des cr\u00e9ations, notamment visuelles et avec des algorithmes. Des innovations majeures comme l\u2019ordinateur personnel et le web puis la blockchain ont permis \u00e0 cette tendance de s\u2019affiner, sans omettre l\u2019augmentation des puissances de calcul r\u00e9duisant significativement le temps d\u2019attente entre le faire et le voir, aujourd\u2019hui pour le plus grand nombre.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"750\" height=\"500\" src=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/251103B.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-764\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/251103B.jpg 750w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/251103B-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong><em>Code + Matter<\/em><\/strong>, Portfolio, 2025.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Au fil du temps, des communaut\u00e9s ou collectifs se sont form\u00e9es, au gr\u00e9 de langages ou plateformes, d\u2019approches ou de formes. C\u2019est ainsi qu\u2019Alexis Andr\u00e9, Julien Espagnon, William Mapan et Florian Zumbrunn se sont rapproch\u00e9s. Ils ont en commun une m\u00eame app\u00e9tence pour le code leur permettant d\u2019aborder la cr\u00e9ation d\u2019une mani\u00e8re s\u00e9rielle, comme pour \u00e9puiser leurs sujets. Tout en pratiquant chacun \u00e0 sa mani\u00e8re des allers et retours entre l\u2019immat\u00e9rialit\u00e9 de scripts cisel\u00e9s et la mat\u00e9rialit\u00e9 de pi\u00e8ces physiques. Anim\u00e9s d\u2019une \u00e9gale volont\u00e9 de partager, ils poursuivent l\u2019aventure abstraite en r\u00e9activant autrement les approches. Et comme c\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement le cas en art g\u00e9n\u00e9ratif, leurs <em>process<\/em> de cr\u00e9ation sont \u00e0 consid\u00e9rer comme autant de composantes essentielles d&rsquo;\u0153uvres \u201cfig\u00e9es\u201d \u00e0 des instants<em> <\/em>pr\u00e9cis.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"750\" height=\"500\" src=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/251103C.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-765\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/251103C.jpg 750w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/251103C-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Alexis Andr\u00e9<\/strong>, <em>De la Discorde<\/em>, 2025.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/mactuitui\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Alexis Andr\u00e9<\/a> est un artiste du temps long et ce \u00e0 diff\u00e9rents \u00e9gards. Tout d\u2019abord avec ses s\u00e9quences qui, sans cesse, se raffinent au rythme de d\u00e9ambulations semi contr\u00f4l\u00e9es. M\u00eame les images arr\u00eat\u00e9es qu\u2019il produit et diffuse quotidiennement \u00e9voque de probables avants autant que de possibles apr\u00e8s. Jusqu\u2019aux applications qu\u2019il a commenc\u00e9es \u00e0 coder il y a d\u00e9j\u00e0 longtemps. Et qu\u2019il continue d\u2019am\u00e9liorer tout aussi r\u00e9guli\u00e8rement, bien entendu \u00e0 la virgule pr\u00e8s, mais en laissant \u00e0 la machine, au hasard ou \u00e0 l\u2019humain une extr\u00eame libert\u00e9. Ses collaborations s\u2019inscrivent aussi dans la dur\u00e9e lorsqu\u2019il partage une m\u00eame interface au sein de domaines aussi vari\u00e9s que la c\u00e9ramique, l\u2019architecture, la mode ou la musique. M\u00eame son approche de l\u2019espace, virtuel ou tangible, semble se faire au travers d\u2019un temps \u00e9tir\u00e9, comme si sa pens\u00e9e des formes \u00e9tait indissociable de l\u2019interpr\u00e9tation pas \u00e0 pas de ses algorithmes.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"750\" height=\"500\" src=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/251103D.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-766\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/251103D.jpg 750w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/251103D-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Julien Espagnon<\/strong>, <em>Chim\u00e8re I<\/em> &amp; <em>Chim\u00e8re III<\/em>, 2025.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Au centre de l\u2019atelier de <a href=\"https:\/\/julienespagnon.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Julien Espagnon<\/a> tr\u00f4ne une machine aux bras, rouages et courrois visibles \u00e0 laquelle il d\u00e9l\u00e8gue la finalisation, par le dessin ou la peinture, de ses cr\u00e9ations. Il arrive que cette pr\u00e9sence m\u00e9canique influe aussi l\u2019esth\u00e9tique g\u00e9n\u00e9ralement abstraite de ses repr\u00e9sentations qui commencent toujours avec du code. S\u2019en suivent alors d\u2019innombrables va-et-vient entre les scripts d\u2019un langage de programmation et le langage de mati\u00e8res color\u00e9es. Julien Espagnon a pour obsession de perfectionner ses instructions afin d\u2019en obtenir d\u2019infinies variations. Cette m\u00e9canisation du process cr\u00e9atif reste perceptible bien qu\u2019il s\u2019agisse de peinture \u00e0 l\u2019huile. Il persiste un je-ne-sais-quoi de non humain qui, bien que s\u2019inscrivant dans la continuit\u00e9 des pratiques picturales de ma\u00eetres anciens, les r\u00e9activent autrement en cette troisi\u00e8me r\u00e9volution industrielle.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"750\" height=\"500\" src=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/251103E.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-767\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/251103E.jpg 750w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/251103E-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>William Mapan<\/strong>, <em>Terrain de jeu infini<\/em> &amp; <em>Pause inesp\u00e9r\u00e9e<\/em>, 2025.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/william-mapan.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">William Mapan<\/a> compte quant \u00e0 lui parmi ces artistes dont on peut appr\u00e9hender globalement les cr\u00e9ations par les d\u00e9tails. Une part non n\u00e9gligeable des scripts qu\u2019il d\u00e9veloppe est d\u00e9di\u00e9e aux textures de compositions souvent enchev\u00eatr\u00e9es. Face \u00e0 de tels tirages, on a peine \u00e0 croire \u00e0 l\u2019absence d\u2019usage de brosses de quelque nature qu\u2019elles soient par l\u2019humain. Comme pour mieux comprendre le geste en peinture que pourtant il sait si bien d\u00e9crire avec des caract\u00e8res, de plus en plus r\u00e9guli\u00e8rement il passe de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du miroir pour exp\u00e9rimenter en atelier les supports, outils ou pigments traditionnels des peintres. Il multiplie lui aussi les allers et retours en s\u2019inspirant des compositions qu\u2019il scripte pour r\u00e9aliser, en int\u00e9rieur, des pochades avec lesquels il revisite l\u2019histoire de l\u2019abstraction. Car les tendances en art, toujours, r\u00e9\u00e9mergent au gr\u00e9 des innovations qui en d\u00e9placent les lignes. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"750\" height=\"500\" src=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/251103F.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-768\" srcset=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/251103F.jpg 750w, https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/251103F-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Florian Zumbrunn<\/strong>, <em>Canop\u00e9e<\/em>, 2025.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Parmi les traits qui illustrent au mieux l\u2019esth\u00e9tique que d\u00e9veloppe <a href=\"https:\/\/www.florianzumbrunn.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Florian Zumbrunn<\/a>, il y a l\u2019attachement qu\u2019il porte aux rehauts \u00e0 la mine ou au pastel. C\u2019est la nature, sujet \u00f4 combien contemporain, qui souvent l\u2019inspire. Ainsi, il a observ\u00e9 les mouvements en art, dont l\u2019impressionnisme, qui l\u2019ont consacr\u00e9. Dans son travail, le geste est omnipr\u00e9sent, des esquisses aux rehauts. Pourtant, au c\u0153ur de ses impressions dont celles exprimant une nature foisonnante, il y a du code qui en instruit les moindres d\u00e9tails. Et c\u2019est en revenant par le trait, \u00e0 maintes et maintes reprises au-dessus de tels d\u00e9tails, qu\u2019il d\u00e9fie nos regards. Impossible de distinguer les expressions des algorithmes de ce qui, si parfaitement, les compl\u00e8te dans un second temps. Les actions de l\u2019humain et du non humain sont en parfaites symbiose comme c\u2019est la r\u00e8gle en cette troisi\u00e8me d\u00e9cennie du 21<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">Article r\u00e9dig\u00e9 par Dominique Moulon pour <a href=\"https:\/\/www.tk-21.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">TK-21<\/a>.<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est \u00e0 l\u2019occasion de la foire Art Basel et dans le programme de la Biennale N\u00e9mo que les quatre artistes aux pratiques g\u00e9n\u00e9ratives Alexis Andr\u00e9, Julien Espagnon, William Mapan et Florian Zumbrunn ont donn\u00e9 diverses formes de mat\u00e9rialit\u00e9 \u00e0 leurs recherches au sein de l\u2019exposition collective parisienne Code + Matter. \u00c9trange d\u00e9cennie que celle des &hellip; <a href=\"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/2025\/11\/03\/code-matter\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Code + Matter<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-761","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/761","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=761"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/761\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":771,"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/761\/revisions\/771"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=761"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=761"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/artinthedigitalage.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=761"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}