Festival ]interstice[ de Caen

Du 4 au 21 décembre dernier, le festival ]interstice[ de Caen présentait les créations numériques sonores et lumineuses d’une trentaine d’artistes au sein de douze lieux. Des parcours diurnes et nocturnes qui se déployaient dans l’école d’art et des équipements culturels entre autres sites patrimoniaux de cette ville créative de l’UNESCO depuis 2023.

Virgile Abela, Infinite Pendulums, 2025.

C’est à l’école supérieure d’arts et médias de Caen/Cherbourg que la 19e édition du festival ]interstice[ a été inaugurée avec une performance et deux installations sonores dont celle de Virgile Abela intitulée Infinite Pendulums. Il s’agit de quatre sphères identiques et transparentes permettant par conséquent de découvrir les mécanismes qui en activent les mouvements de balancier de part et d’autre d’un microphone suspendu. Chaque pendule étant équipé de hauts parleurs, il s’en suit un effet Larsen qui emplit l‘espace d’infinies variations accompagnées de modulations de lumières colorées. Les lois de la physique, dont la gravité, participent ainsi grandement à l’élaboration de la musique générée en temps réel par cet instrument déambulatoire. Au point que l’on peut qualifier les expériences des auditrices et auditeurs d’unique, puisque jamais elles ne se répètent à l’identique.

Porz An Park & Arnaud GerniersWeaving Nowhere, 2024.

L’écho des pierres de Julien Poidevin est une autre installation in situ de la programmation en journée d’]interstice[ placée au sein de la Coopérative Chorégraphique qui occupe le Sépulcre de Caen. Elle invite le public à découvrir quatre éléments rotatifs composés de miroirs et de haut-parleurs directionnels disposés de façon que les sons émis se répercutent de surface en surface pour nous englober. Notre regard peine à suivre les rebonds qui, de toute façon, se déplacent dans l’invisible. Dans l’alignement, Porz An Park & Arnaud Gerniers se jouent tout autant de notre perception visuelle en nous présentant un autre disque dont l’aura lumineuse qui l’entoure, en convoquant le divin en un tel lieu, ne se situe pas tout à fait là où on la pressentait. S’inscrivant dans la continuité des anciens qui utilisaient l’immatérialité de l’or pour représenter les nimbes en peinture, les deux artistes préfèrent les lois de l’optique en sculpture.

Maxime Houot, Ataraxie, 2022.

Le festival ]interstice[ propose de multiples expériences qui, littéralement, se vivent, comme c’est encore le cas avec l’installation sono-lumineuse Ataraxie de Maxime Houot présentée au sein de l’église Saint-Nicolas du parcours nocturne. Les rayons lasers de lumière rouge qui prolongent une rangée de bras articulés balayent l’espace selon une progression rythmée par une musique électronique de nappes. L’œuvre performative communique sa couleur à l’église dont l’architecture intérieure accueille parfaitement les maillages de différents types, allant du chaos absolu à des tressages tout particulièrement englobants. Nous habitons l’œuvre bien que nous soyons, pour des raisons de sécurité, à bonne distance des surfaces balayées. Nos pensées s’abandonnent aux évolutions de ses temporalités. Rappelons que le terme “ataraxie”, en Grec, désigne une forme de quiétude.

Alexis Choplain, Hydroscope, 2024.

Une étrange machine tout particulièrement scénographiée par la lumière comme par le son se donne en spectacle aux Écuries Lorge. Conçue, puis améliorée au fil de ses résidences par Alexis Choplain, Hydroscope se compose de six unités identiques reliées par une courbe sinusoïdale à l’extrême souplesse. On pense alors au traitement du signal bien que s’en approcher permet d’identifier sa nature liquide qui convoque, quant à elle, la mécanique des fluides. A l’observation de ce qui a l’allure d’une expérience de laboratoire, nous vérifions que la magie de l’eau, sculptée tant par la gravité que par la lumière qui la révèle, opère sur notre perception. Alexis Choplain compte parmi les quelques artistes qui considèrent l’élément aquatique non comme un sujet mais comme un medium à grand renfort de techniques et technologies. Car de tels dispositifs sont compliqués à mettre en place au sein de musée ou centre d’art. C’est aussi à cela qu’œuvrent les festivals du réseau national Hacnum des arts hybrides et cultures numériques dont les terrains d’action se situent à la périphérie des préoccupations institutionnelles.

Guillaume Cousin, L’éternel retour, 2025.

C’est une autre forme de magie qui opère au Centre chorégraphique national de Caen. Celle du magnétisme qui permet à Guillaume Cousin de contrôler les surfaces d’eau de trois bassins. Confortablement assis, le public contemple les formations et déformations de ce qui convoque la biologie cellulaire, le tout augmenté de sons étirés de cordes en vibration. Qui n’a jamais observé la formation d’ondes à la surface d’eaux calmes avec les rayons d’un soleil levant ou couchant ? L’éternel retour, selon Nietzsche, c’est la promesse de revivre des instants similaires, illuminations que ce dernier eut aux abords d’un lac Suisse aux eaux paisibles. Ce que nous propose Guillaume Cousin, c’est d’observer à nouveau le spectacle d’une eau si nécessaire à la vie et à lumière rasante. Quand la promesse nous est faite par l’équipe du festival ]interstice[ de vivre à nouveau des expériences aussi rares que fascinantes en cette ville de Caen.

Article rédigé par Dominique Moulon pour TK-21.

Cerith Wyn Evans

L’artiste britannique gallois Cerith Wyn Evans poursuit son tour du monde des grandes institutions publiques et privées. C’est actuellement à Lisbonne que ses installations lumineuses irradient les salles du Musée d’Art, Architecture et Technologie (MAAT) situé sur les rives du Tage.

Cerith Wyn Evans, Forms in Space… by Light (in Time), 2017, photographie Bruno Lopes.

L’étirement extrême des façades extérieures du MAAT conçu par l’architecte britannique Amanda Levete confère une douce atmosphère à sa principale salle intérieure. Là où Cerith Wyn Evans, en dialogue avec le commissaire Sérgio Mah, a disposé l’installation Forms in Space… by Light (in Time) de 2017 qui donne son titre à cette exposition monographique. Celle-ci se compose d’une myriade de lignes et de courbes en néon suspendues formant ensemble un nuage semi-chaotique de signes photoniques dont le public fait l’expérience dans la durée de sa descente de la rampe ovale du musée de la Fondation EDP. Les signes qui donnent à l’œuvre une allure langagière sont de deux types évoquant deux des douces obsessions de l’artiste né en 1958 et qui vit entre Londres et Norfolk. Tout d’abord, Les témoins oculistes que Cerith Wyn Evans emprunte à Marcel Duchamp dont on sait l’intérêt qu’il portait pour l’optique et qui révèlent l’approche conceptuelle du Gallois. Et les dessins de mouvements d’enchaînements de katas du théâtre nô dont il est grand amateur. Les sons cristallins produits par la sculpture Composition for Flutes de 2017 ajoutent aux multiples temporalités que dessinent dans l’espace les éléments de Forms in Space… by Light (in Time). Entièrement en verre, donc totalement transparente, Composition for Flutes reproduit le fonctionnement d’un orgue. Autonome car contrôlée par un algorithme, elle alimente en air ambiant des flutes de cristal qui s’accordent pour générer un même souffle infini modulé d’étranges variations.

Cerith Wyn Evans, Neon after Stella, 2022, photographie Bruno Lopes.

Cerith Wyn Evans, qui a étudié à la Saint Martin’s School à la fin des années quatre-vingt alors qu’il était surveillant à la Tate de Londres, a une approche conceptuelle de l’art, tout en questionnant d’autre tendance comme l’art minimal. Ces deux courant ont en commun le néon, un médium qu’il aborde à partir de 1994 avec TIX3 que, littéralement, il dissimule dans le faux-plafond de la galerie 1 située en sous-sol. Une pièce résolument conceptuelle qu’il associe à un moment de vie ordinaire où cherchant désespérément la sortie dans l’espace labyrinthique d’un cinéma dont il voulait fuir la projection, le reflet inversé de l’enseigne lumineuse EXIT le libéra. Son attachement au minimalisme, Cerith Wyn Evans le souligne avec les pièces de sa série Neon after Stella (2022). Elles constituent un hommage aux Black Paintings de Frank Stella : il les redessine en creux ou en réserve pour n’en préserver que les squelettes de lumière blanche avec lesquelles il irradie la galerie 1 du MAAT ainsi métamorphosée en un espace immersif. L’atmosphère est ponctuée d’arbustes, comme pour préserver une relation au réel, ou plus précisément à la nature que simulent les jardins d’hiver au climat singulier que l’artiste affectionne. L’exposition réunit au total une trentaine de créations de Cerith Wyn Evans à découvrir au MAAT jusqu’au 16 février 2026, année du dixième anniversaire de la programmation du musée qui a été initiée au sein de l’ancienne centrale électrique de Tejo.

Rédigé par Dominique Moulon pour ArtPress.

Les illusions retrouvées

Au cœur de la Biennale Némo de la région Île-de-France, l’exposition “Les illusions retrouvées” du Centquatre-Paris présente une trentaine de créations témoignant de “Nouvelles utopies à l’ère numérique”, le thème de cette sixième édition.

bit.studio, FLOCK OF, 2023.

C’est Gilles Alvarez, le directeur artistique de la Biennale Némo, qui a conçu l’exposition Les illusions retrouvées en collaboration avec José-Manuel Gonçalvès qui vient de céder la direction du Centquatre à Valérie Senghor. Le week-end d’ouverture est un temps particulier car augmenté d’installations et de performances, comme celle de bit.studio intitulée Flock Of. Le studio thaïlandais basé à Bangkok invite à une expérience à vivre entouré de poissons aux surfaces miroitantes en suspension. On pense au Silver Clouds de 1966 signé Andy Warhol, mais les ballons de la salle 200 sont équipés de mécanismes miniaturisés qui les font se mouvoir. Et ce sont leurs formes qui nous incitent à y voir un banc de poissons aux déplacements imprévisibles.

Inook, Le Mégamix du Louvre-Lens, 2024-2025.

L’autre installation tout aussi immersive et renvoyant également aux cultures populaires est située dans l’Atelier 2. Le Mégamix du Louvre-Lens d’Inook, comme son titre l’indique, est une collaboration du bureau de création lyonnais fondé par Moetu Batlle et David Passegand avec le musée du Louvre dont on sait l’étendu des collections de chefs-d’œuvre. Bien que ceux-ci soient détournés pour interpréter des tubes intergénérationnels, chacun et chacune s’y retrouvera, car quoi de plus naturel, pour une exposition faisant la part belle à l’intelligence artificielle, que de considérer les pratiques créatives du deepfake.

Anne Bourrassé et Mounir Ayache, Désert de Retz II, 2025.

Dans la zone thématisée “Renaissance”, les temporalités se collisionnent, comme c’est le cas avec l’installation Désert de Retz II d’Anne Bourrassé et Mounir Ayache. Le titre évoque le jardin du Désert de Retz initié au XVIIIe siècle près de Chambourcy et ses architectures utopiques aux multiples inspirations civilisationnelles. La scénographie à la blancheur extrême magnifiant les maquettes qui en témoignent propulse celles-ci dans l’imaginaire d’un futur que Stanley Kubrick a conçu avec 2001, l’Odyssée de l’espace en 1968.

Eric Vernhes, Meeting Philip, 2024.

Avec la sculpture totémique MeetingPhilip d’Eric Vernhes, ce sont les univers parallèles qui s’entremêlent puisqu’à l’origine de l’œuvre il y a le discours que Philip K. Dick commença à Metz en 1977 en disant : « Si vous trouvez ce monde mauvais, vous devriez voir quelques-uns des autres ». Au centre de cette installation audiovisuelle, incarnant l’auteur de science-fiction, il y a un magnétophone à bandes d’où semblent provenir les lumières et les sons qui lui confèrent une allure rétrofuturiste.

Peter van Haaften, Michael Montanaro, Garnet Willis, On Air, 2024.

De l’autre côté de la halle Aubervilliers, une autre étrange machine de la zone “Mondes nouveaux” intrigue le public. A l’entrée de ce qui ressemble à un instrument à vent démesuré, le public est invité à prononcer des mots ou générer des sons que le dispositif On Air de Peter van Haaften, Michael Montanaro, Garnet Willis traite. Il les transforme avant de les entremêler pour, enfin, les convertir en lumière et les faire voyager dans la pièce. Nous sommes par conséquent les autrices et auteurs de la symphonie d’un chao organisé qui se joue sous nos yeux à la vitesse de la lumière.

Markos Kay, Nature Portals, 2023.

Enfin, la projection Nature Portals de Markos Kay présente une nature autre peuplée de chimères plausibles. Car l’artiste a entrainé un modèle d’intelligence artificielle générative avec une grande quantité de vivants pour qu’un algorithme en invente davantage sans se soucier de leur viabilité. Une nature utopique qui, bien qu’illusoire, incarne visuellement la Biennale Némo dont les événements artistiques s‘étendent à toute l’Ile-de-France jusqu’au 11 janvier 2026.

Rédigé par Dominique Moulon pour ArtPress.

Asia Culture Center, Gwangju

C’est en 2014 que Gwangju est devenue la première ville créative de l’UNESCO en Corée du Sud. Et c’est avec l’Organisation des Nations Unies que la Gwangju Media Art Platform organisait le 27 novembre dernier une journée d’étude consacrée à l’intelligence artificielle dans les champs de la création. L’occasion pour les intervenantes et intervenants de découvrir le dynamisme de l’Asia Culture Center au travers de ses expositions dont l’une est dédiée à Ryoji Ikeda et l’autre à ses artistes en résidence réunis sous l’intitulé “Artificial You”.

Ryoji Ikeda, dada.flux [n°2], 2025.

C’est avec l’installation test pattern (2008) de Ryoji Ikeda qui a parcouru le monde que l’Asia Culture Center (ACC) a été inauguré à Gwangju en 2015. Et c’est pour célébrer son dixième anniversaire que l’institution présente une exposition monographique de cet artiste et compositeur japonais. L’entrée se fait en empruntant le couloir de la pièce dada.flux [n°2] produite pour l’occasion. Le flux incessant des caractères de lumière blanche qui défilent par paquet, littéralement, nous aspire. Il s’agit de data, sa véritable signature, qui sont ici de nature génétique. Leur nombre dit la complexité de l’ADN qui nous singularise tant comme individu que comme espèce, d’autant plus qu’il contient des fragments d’informations relatives à nos ancêtres les plus lointains. Nos vies durant nous avons à gérer nos coefficients de différences et de similarités pour faire société : comme souvent chez Ryoji Ikeda, l’approche formelle est minimale et le discours universel.

Ryoji Ikeda, critical mass, 2025.

S’en suivent deux installations où le cercle est la règle : critical mass (2025) et point of no return (2018). La première est monumentale et nous attire inexorablement vers son centre que des informations au sol pourtant nous interdisent d’atteindre. Toute notre attention est focalisée sur ce point d’où émergent des disques de lumière et d’ombre qui viendront s’éteindre à nos pieds. La masse critique, en physique, c’est la masse minimale de matière fissile, celle susceptible de déclencher une réaction de fission nucléaire en chaîne, en cette heure de la réémergence de possibles cataclysmes.

Ryoji Ikeda, point of no return, 2018.

La seconde installation est similaire dans sa relation au circulaire mais différente par sa verticalité. Et son titre évoque ce point de non-retour que les plus pessimistes d’entre nous entrevoient, mais que globalement nous refusons d’envisager. Il en est ainsi des œuvres minimales : les contextes géopolitiques de leur monstration influent sur nos perceptions. Ajoutons à cela que les sons étirés de tels dispositifs évoquent tant les événements d’un temps suspendu que leur relative instabilité.

Ryoji Ikeda, sleeping beauty (π), 2025.

Le cercle comptant parmi les obsessions de l’artiste visuel, il lui consacre une pièce de sa série sleeping beauty en se focalisant sur le nombre π qui désigne le rapport entre sa circonférence et son diamètre. Il s’agit d’une plaque en impression UV sur acrylique qui est disposée sur le socle qui la rétro-éclaire donnant au nombre infini le statut d’une œuvre d’art. Sa surface, à distance, semble n’afficher que du bruit et il convient de s’en approcher pour en décrypter quelques fragments. L’idée que l’inscription de Pi puisse s’étendre sur toutes les surfaces jusqu’à la fin des temps est saisissante. Sachant que son calcul est aussi précieux aux biologistes pour l’appréhension du vivant qu’aux astronomes pour celle de l’univers, soit des beautés propres à ces domaines scientifiques.

Ryoji Ikeda, data verse 1/2/3, 2019-2020.

L’autre pièce marquante de l’exposition se compose des data verse 1, 2 et 3 (2019-2020) en projections de grande taille qui confèrent sa dimension immersive propice à la contemplation à l’espace de monstration baignant dans une relative obscurité. Les visualisations animées de données allant des activités de nos cellules de l’infiniment petit à l’immensité d’un univers dont on a peine à saisir les limites spatiales et temporelles sont ponctuées par la répétition de sons stridents qui participent grandement de l’esthétique du compositeur. On ne peut que s’abandonner aux formes audios et visuelles, et il est même difficile de s’en extraire tant elles sont hypnotisantes comme le sont les dimensions qui nous surpassent.

Timothy Thomasson, Centurion, 2025.

Associant art et culture ou recherche et pédagogie, l’Asia Culture Center de Gwangju est aussi impressionnant par la taille de ses bâtiments que par la diversité de ses activités. Pour exemple, un studio de production créative accueille l’exposition Artificial You des artistes d’un programme de résidence. On y découvre notamment l’installation en 3D temps réel Centurion (2025) de l’artiste émergent canadien Timothy Thomasson. Dans l’armée romaine, le centurion commandait une soixantaine d’hommes, ici il n’en commande plus aucun. Dans son appartement contemporain sans décor, il n’exprime que l’ennui d’un combattant dans l’attente d’engagements. La vacuité de son existence évoque celle des personnages non-jouables de jeux vidéo dans l’attente des actions d’avatars contrôlés. On pense alors aux mondes persistants désertés par leurs utilisatrices ou utilisateurs bien que restant accessibles sur quelques serveurs qui ne sont plus mis à jour. Ce qui pose la question de l’oubli tant des lieux virtuels que des avatars à l’ère de l’augmentation exponentielle des données ou mémoires des intelligences artificielles qui, de plus en plus, s’interconnectent. On est là au cœur des problématiques abordées par la Media Art Platform de Gwangju pendant les temps d’échanges qu’elle organise régulièrement pour anticiper des futurs souhaitables.

Remerciements au Service culturel de l’ambassade de France en Corée.

Article rédigé par Dominique Moulon pour ArtsHebdoMedias.com.